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Ashräm von Arius
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Âge : 24
Date de naissance : 25/10/1993
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MessageSujet: Ashräm von Arius Lun 10 Oct - 18:02

Cranä Legends ©️ Fiche personnage


L'hôte silmérian

Sexe : Masculin.
Âge : 26 ans, né en 132 dâc.
Discipline : Mage.
Éléments : Foudre et Eau.
Allégeance : Luranôs.
Guilde : Givrécho.

Aspect physique : 1m76, 70kg, de corpulence fine mais entretenue. Cheveux blancs immaculés d'une grande longueur et les yeux taupe très clairs. Il porte très souvent une tenue de voyage improvisée avec des pièces d'armures légères par dessus sa tenue de mage. Sa capuche permet de cacher son visage couplé avec son masque lorsqu'il ne souhaite pas être reconnu.

Caractère : Façonné par son père depuis son plus jeune âge, il aura longtemps été sous l'emprise d'un manipulateur jouant avec son pantin, ne laissant transparaître aucun avis ainsi qu'aucune émotion. Il n'en reste toutefois pas moins humain après son départ de sa contrée natale, développant son caractère droit et altruiste, mais souvent gangrené par les épisodes de son passé, déclenchant de très brèves crises de folie et une dépression pour le moins contrôlée.

Relation avec le galadrim : Ashräm a toujours perçu Énuma comme quelqu'un de maléfique, totalement soumis aux von Arius ; ou bien peut-être était-ce le contraire. Il est responsable de son traumatisme, de la mort de sa mère, ainsi que de la perte de son bras. Cependant, il ne lui en veut plus aujourd'hui pour ces faits et tente de créer le contact autrement qu'avec ses ancêtres. La peur reste présente dans le cœur d'Ashräm, mais le long silence dont a fait preuve son galadrim pendant toutes ces années lui amène à penser qu'il est possible de changer.



Le galadrim

Sexe : Masculin.
Race : Vardäs.
Élément : Ténèbres.

Aspect physique : Énuma arbore la forme d'un silmérian, enveloppé de nombreuses couches de vêtements et couvre son visage d'un masque à l'allure inquiétante. Sa particularité est qu'il reflète les peurs de celui qui le voit, changeant instantanément son apparence physique, tout en conservant une silhouette humaine. Son vrai visage est celui d'une personne marqué par le temps, la longue chevelure blanche, les yeux vides d'un non-voyant et la peau tatouée de runes ancestrales. Cela dit, personne à part ses cousins galadrims ne peuvent découvrir sa véritable nature.

Caractère : Le galadrim garde une rancune toute particulière au fond de lui et s'amuse à voir les conséquences que chacun de ses hôtes a eu sur le monde. Il parle toujours d'un ton calme et monotone, ne laissant transparaître aucune émotion. Pendant très longtemps il fut l'allié d'êtres des ténèbres, et son pacte avec Ashräm risque de lui faire découvrir une part de lui-même qu'il n'avait peut-être jamais découverte. Laissant derrière lui ses sournoiseries habituelles, il saura faire preuve d'un réalisme affolant devant n'importe quelle situation et posera ses réflexions pour la suite.

Relation avec l'hôte : Ashräm a toujours été pour lui un outil, exactement comme son père le voyait. Seulement, la disparition de ce dernier le força à réfléchir, quand il fut face à la possible perte de son cycle de réincarnation. Il resta silencieux de nombreuses années et laissa Ashräm seul dans ses réflexions existentielles ; ne tentant même pas d'empêcher son hôte de mettre fin à ses jours. Depuis lors, il se pose de nombreuses questions et observe avec attention la vie du silmérian en qui il habite. Il ne reprit la parole que très récemment, mais ne met jamais un pied trop en avant lors de ses rares discussions avec Ashräm.



Histoire

Deuxième Âge de Cranä – An 132 – Givresol.
Agrima, capitale de Gaïa.


Mon nom est Ashräm von Arius et je naquis en l'an 132. Ma mère, la reine Albalä venait d'une famille noble de Demeterös sans grande distinction, ses grand-parents ayant été connus lors de la grande guerre des galadrims. Mon père, Elisiär von Arius, descendait du non moins célèbre Agrima, fondateur de la cité dans laquelle ma famille vivait depuis de nombreuses années. Il était le possesseur du galadrim Énuma, un être de lumière aussi vieux que la création du monde avec qui il partageait les souvenirs de chacun de nos ancêtres. Le roi exerçait sur la ville une oppression forte mais décadente, le peuple étant épuisé par les nombreuses guerres qui ont précédé le traité de paix signé dix années auparavant. La famine et la maladie couraient les ruelles sombres, elles-mêmes jonchées de mendiants quémandant leur pitance afin de survivre. Toutefois, l'armée ne s'était jamais aussi bien portée avec un taux d'enrôlement à son paroxysme et une activité régulière qui consistait à les former en vue d'une future bataille. Mon père préparait la guerre, et il ne le cachait pas. Nombre de conseillers et de ministres se posaient des questions quant à la prospérité de la cité et l'absence de l’Œil du roi qui n'a jamais eu de successeur depuis sa disparition. Mon destin allait être scellé par mon père.

Deuxième Âge de Cranä – An 140 – Mortefeuille.
Agrima, capitale de Gaïa.


La vie au château représenta pour moi une boucle qui jamais ne sortit de son parcours. Depuis mon plus jeune âge, on me força à suivre une éducation scrupuleuse dans tous les domaines. Ainsi mes semaines se résumèrent à effectuer l'apprentissage de toutes les notions que me serviraient en tant que futur souverain d'Agrima. Du haut de mes huit années, vivre avec la constante pensée que mon père allait mourir et que je prendrais sa place aurait du m'attrister ou me peser ; mais ce n'était pas ainsi que je fus élevé. Mon père me façonna afin de répondre à ses besoins, et un fils qui ne remplirait pas ce rôle ne lui servirait pas. Je n'étais qu'une marionnette, enchaînée et modelée afin de satisfaire les besoins d'autrui. Je n'avais pas de cœur et je ne souhaitais même pas en posséder ; les émotions étant bannies afin de prendre des décisions réfléchies et objectives.

Un autre garçon sembla être promis à une destinée similaire à la mienne, car pour une raison qui m'échappa, il suivait les mêmes enseignements, tout en étant de quatre ans mon aîné. Jihrä était formé pour devenir le nouvel Œil du roi, un conseiller en qui il plaçait toute sa confiance. Il ne m'adressa jamais la parole, et sembla constamment perdu dans ses pensées. J'appris beaucoup plus tard qu'il s'agissait en réalité du bâtard de mon père, né d'une liaison avec une esclave lorsqu'il n'était pas encore marié à ma mère. La reine Albalä apprit par des informateurs cette désinvolture et changea de comportement en vouant une farouche haine à sa majesté pour lui avoir caché cette aventure, ainsi que son plan pour l'élever au rang de conseiller suprême.

Mon père pris alors la décision de m'envoyer à Demeterös, la cité lumière, afin de débuter mon apprentissage des éléments et éloigner sa femme. Notre famille recevait depuis de nombreuses générations un don pour ceux-ci, et personne n'avait encore échappé à cette règle. Chacun de nous allait étudier dans la cité voisine car les mages enseignants y habitaient et donnaient leurs leçons. Le voyage donnait aussi l'occasion aux nouveaux héritiers de découvrir la contrée, autrement que dans les ouvrages de la grande bibliothèque d'Erdä. Un homme fut assigné à ma protection et celle de ma mère, un dénommé Aînur. Il s'agissait du capitaine de l'ordre des chevaliers noirs d'Agrima : les Corbeaux. Malgré ses lourdes responsabilités dans la cité, il assurerait la plupart du temps ma défense quand ce n'était pas toute une troupe qui s'en occuperait. Jihrä quant à lui resta étudier dans la capitale.

Deuxième Âge de Cranä – An 142 – Tombeneige.
Demeterös, la cité lumière.


Ma formation de mage dura six longues années. Pendant celles-ci, ma mère la reine conçut un plan afin de tirer vengeance de son mari qui l'avait bannie officieusement, et ce à mon insu. Elle envoya plusieurs assassins faire tuer mon demi-frère sans succès en attendant de pouvoir remettre les pieds dans la cité lorsque j'y reviendrais. Elle ne montra aucune indifférence à mon égard et continua de me bercer avec le doux rêve que je prendrais la suite de mon père plus tôt que le monde ne le pensait. Elle fut vraiment amoureuse de mon père dans leurs jeunes années, mais cet événement avec Jihrä détruisit sa réalité au point qu'elle sembla perdre l'esprit. Concentré sur mon apprentissage et désintéressé de sa situation, je ne fis aucun bruit et ne commenta aucun de ses propos.

Aînur fut différent. Durant mon séjour à Demeterös, il outrepassa ses fonctions plusieurs fois en m'adressant la parole. Au début il me conta sa jeunesse, son enfant qui l'attendait de l'autre côté de la mer, ainsi que ses débuts à Agrima. Cependant, plus il vit que je ne réagissais point à ses histoires, plus il insista en augmentant la fréquence de ses visites. Les habitants d'Agrima lui faisaient peur, et il ne s'en était pas rendu compte avant d'arriver au grade qui le représentait aujourd'hui. Dans sa terre natale, la famille royale est proche du peuple et de ses serviteurs, et selon lui cela renforçait la volonté et la fidélité de chacun envers sa cité. Au terme de ces six années, il devint mon premier ami, un ami qui m'enseigna l'humanité et m'autorisa à me poser des questions sur comment le peuple de Gaïa vivait au jour d'aujourd'hui. Son rêve était de changer la capitale, car il fut impossible pour lui de penser qu'elle ne possédait pas une beauté secrète et charmeuse, dissimulée par les ambitions des êtres perdus par les erreurs passées de leurs ancêtres.

Cela ne fut pas suffisant pour me faire réagir, la main de mon père ayant beaucoup trop d'emprise sur moi. Toutefois j'appris, à partir de ce moment, à réfléchir sans pour autant montrer à mon ami un quelconque signe d'approbation. Il ne m'en tint jamais rigueur.

Deuxième Âge de Cranä – An 148 – Doucebrise.
Agrima, capitale de Gaïa.


L'an 148 fut la plus terrible année que l'enfant que j'étais eu à connaître. Il s'agissait de mon retour dans la capitale, après avoir achevé la formation qui fit de moi un roi en devenir. Seulement, ce fut aussi le point de départ de la tentative de chantage de la part de la reine Albalä. Non contente d'avoir été exilée d'Agrima, elle profita de ma réapparition pour menacer le roi Elisiär de révéler son infidélité s'il n'abdiquait pas immédiatement en faveur de son fils. La présence qu'imposait mon père me terrifia plus que jamais quand ma mère me présenta devant lui. La peur n'était pas quelque chose que connaissaient les von Arius, seul un humain pouvait en ressentir. Le capitaine Aînur avait peut-être tenté de changer le destin de la lignée royale à travers ma personne, mais c'était sans compter les inconvénients que cela m'apportait. Je voyais véritablement mon géniteur pour la première fois. Sa majesté ne sembla pas se soumettre à la femme qu'il aimait jadis, si tant est qu'il l'avait aimée un jour. Albalä se retourna alors vers moi, les yeux suppliants tandis que mon père s'approchait. Je ne fis rien.

Il s'adressa à moi avec une voix que jamais je ne pourrais oublier. « Ashräm, tu vas maintenant tuer cette femme qui t'a servi de mère, et prouver ton allégeance aux von Arius, et donc à ton roi. Tu resteras mon fils et mon outil. » Ces mots résonnèrent dans ma tête comme un son de cloche imperturbable. Voyant que je ne bougeai pas et que rien ne se passa, Elisiär décrocha le pendentif, en argent orné d'une pierre précieuse taillée dans un métal noir de jais, qu'il portait autour du cou et l'attacha au mien. Une silhouette sombre et imposante surgi alors devant mes yeux un bref instant, avant de me traverser au prix d'une douleur insoutenable. Énuma tenta de me posséder, de corrompre mon esprit afin que je me plie aux exigences de mon père sans poser la moindre question. Pendant ma lutte, je ne sentis plus mon corps, et le temps devint une notion dont je n'arriva pas à en définir le début et la fin. La douleur se concentra sur mon bras gauche, elle fut si grande que j'eus préféré perdre connaissance. Mais elle ne cessa point et le seul moyen de l’atténuer était de frapper, de mordre comme je le pus ; les larmes coulant sur mes joues creusées par la panique. Je ne puis dire combien de minutes s'écoulèrent, mais quand j'ouvris les yeux, je dus faire face au triste spectacle dont mon père semblait se réjouir. Étalé à mes genoux, le cadavre sans vie de ma mère, étranglé et recouvert de sang. Ce n'était pas le sien, mais celui qui venait des déchirures et des morsures de la chair de mon bras gauche. Ce dernier gisant par terre, son extrémité brûlée, voire même cautérisée par un éclair que j'avais lancé inconsciemment. Une petite voix vibra au plus profond de moi, d'un ton lent et morne. « C'est toi... Tu l'as étranglée... Tu l'as tuée... » Jihrä observait en silence derrière un pilier de la salle du trône, captivé par la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux.

Les obsèques de la reine se déroulèrent deux jours plus tard, en petit comité. Lorsque je vis mon reflet dans le miroir, je fis semblant d'être surpris par la blancheur de mes cheveux, séquelle du traumatisme que m'infligea Énuma ; ce dernier s'étant transféré brutalement en moi depuis mon père, sans que ce n'en fut de mon gré. Sa prise de contrôle totale échoua, mais je devins un légume, incapable d'émettre le moindre son. Le galadrim, profitant de mon état de faiblesse, réussit à insuffler des ordres à mon corps. Jamais une telle chose ne s'était vue chez un hôte, l'être de lumière outrepassant clairement ses droits vis-à-vis de son pacte. Cependant, je ne fis rien, et ce pendant les trois années qui suivirent. Aînur, rentré à la capitale en même temps que moi ne tenta pas de me parler après la mort de la reine, mais apparut plusieurs fois devant moi après ça, sans réponse de ma part.

Deuxième Âge de Cranä – An 151 – Noirsoleil.
Agrima, capitale de Gaïa.


Tout s'était déroulé comme l'espérait mon père, Jihrä fut officiellement promu Œil du roi, la guerre se préparait, et l'arme que j'étais devenu était opérationnelle. Rien n'arrêterait les envies de conquête de sa majesté, qui prévoyait d'attaquer la contrée de Spira après avoir réuni sous sa tutelle nombre de régents de Gaïa au travers de supercheries et autres sournoiseries. Mais le monde n'était pas dupe, et le grand conseil d'Agrima ne voyait pas cela du même œil.

En l'an 151 survint un grand événement qui bouleversa la contrée de Gaïa et plus particulièrement la cité d'Agrima. Le roi Elisiär mourut soudainement et Aînur fit une apparition publique pour déclarer qu'il prenait possession de la cité en tant que nouveau souverain après en avoir tué l'ancien gouvernant. Ce fut si soudain que le choc de cette nouvelle réveilla en moi quelques émotions, sans pour autant me rendre totalement la pleine maîtrise de mes capacités. Énuma ne semblait non plus savoir ce qu'il se tramait, jusqu'à ce que l'on traîne ma personne devant la cour du château, où m'attendait Aînur, Jihrä et ses conseillers, ainsi qu'une partie du peuple prétextant une foule. Les Corbeaux ne tardèrent à débarquer, l'Œil du roi profitant de leur arrivée pour prendre leur tête et accuser l'ancien capitaine des chevaliers sombres de régicide. Ce dernier ne prononça aucun mot et dégaina son épée. Malgré sa force légendaire, il fut contenu et arrêté sans qu'il n'y ait eu de blessé. Jihrä prit alors la parole et condamna le pêcheur à mort, par le supplice des Varunas, tout comme il me condamna au même sort, après avoir dénoncé ma complicité avec Aînur pour renverser mon père. Tout était clair à présent. Énuma soutint que tout était un coup monté par Jihrä et qu'Elisiär eu bien tort de faire confiance aussi aveuglément à enfant éduqué par la force. Mon demi-frère empoisonna le roi après avoir fait accepter un marché à Aînur visant à me protéger. Si Aînur endossait la responsabilité d'un coup d'état et si celui-ci était déjoué par l'Œil du roi, l'héritier des von Arius aurait la vie sauve en étant exilé loin de cette ville. Promesse qu'il n'avait manifestement pas tenue. Je fus dévasté par la décision d'Aînur, estimant que ma vie ne valait pas son sacrifice. Mais il n'était pas trop tard, il était peut-être encore possible de le sauver ; Énuma n'étant pas non plus emballé par l'idée que Jihrä prenne possession d'Agrima, étant donné qu'il n'est pas lié à lui, même s'il s'agit d'un von Arius.

L'exécution se déroula à la lisière de la forêt de Jorvä, où un autel en bois était érigé depuis des décennies afin d'y attacher les condamnés à mort qui seraient dévorés la nuit tombée par les Varunas, des êtres mystiques et vicieux. Aînur était adossé au poteau, les yeux bandés,  les mains liées et la bouche cousue par un silence de mort. Mon tour approcha, mais Énuma usa de son énergie pour apparaître et m'emporter dans la forêt en assassinant les deux escortes qui me retenaient. Le nombre de garde conséquent empêchait quiconque de tenter une chose aussi futile qu'un sauvetage, et le galadrim l'avait bien compris, préférant sauver la vie de son hôte plutôt que de risquer la fin de son pacte pour une personne dont il se moquait. Le visage d'Aînur disparut de mon champ de vision avec pour dernier souvenir un sourire, puis une grimace sur ses lèvres, tandis que Jihrä retenait ses gardes d'entamer une poursuite contre mon galadrim. Ma vie était sans importance pour lui, car ma réputation fut entachée et toute la détermination du monde ne me permettrait pas de lui reprendre la capitale, chose que je n'étais même pas sur de vouloir.

Deuxième Âge de Cranä – An 152 – Bellefleur.
Demeterös, la cité lumière.


Énuma me déposa dans la cité lumière pour que j'y fusse soigné. Les événements précédents ayant aggravé mon état mental, je passai les deux prochaines saisons dans une demeure de ma famille maternelle à occuper un lit sans en bouger. Énuma ne dit pas un mot durant cette période, mais me laissa l'intimité et la maîtrise de mon corps, bien que je ne m'en servis point. Les souvenirs apparaissaient sans cesse dans ma tête, me martelant l'esprit et m'empêchant de me reprendre. Aux premières lueurs printanières de l'an 152, malgré une ciel couvert et pluvieux, je traînai ma carcasse jusqu'à l'autel du dieu Luranôs. La vie m'avait enseigné à être fataliste, tout cela ne pouvait être que le destin, et si les dieux existaient vraiment pour nous, ils avaient prévu que tous ces événements menaient à un but bien précis. N'y trouvant pas la réponse que je cherchais, je pointai de deux doigts mon cœur dans l'intention de le perforer avec ma maîtrise de la foudre ; mais l'orage qui faisait rage au dehors de la cathédrale éclata d'un bruit encore plus terrifiant et me fit manquer mon coup, éraflant mon épaule. Était-ce la volonté de Luranôs ? Ce dieu mélancolique qui s'était donné la mort après avoir trahi ce qu'il aimait le plus. Je n'en fus jamais sur, mais le destin avait sans aucun doute prévu quelque chose pour moi.

Je mis plusieurs mois à me remettre, mais je fus fin prêt à accepter le voyage qui m'attendait, un voyage dont le chemin sera périlleux. Jihrä m'avait ôté ma famille, Aînur s'était auto-proclamé dans mon esprit comme mon père véritable, mais je ne compris qu'à cet instant tout ce qu'il avait fait pour moi, tout ce qu'il avait fait pour son rêve. Je devais lui faire honneur, et transformer la cité d'Agrima en ce qu'elle aurait du être depuis le commencement : une cité libre et forte de son indépendance, qui assumerait pleinement son rôle de capitale de la contrée de Gaïa. Je ne nourrissais pas de haine envers mon demi-frère, car tout ce que je ressentais avant cette journée était faux, je n'avais jamais quitté l'état de pantin dont m'avait affligé mon géniteur. Tout cela était désormais terminé, et mon voyage initiatique commença. Je retournai devant l'autel de Luranôs avant de quitter la cité lumière afin de lui prêter allégeance. Ce fut la marque de ma renaissance, et elle restera à jamais gravée dans mon esprit. « Saratör düm’ dörvylis ôs Luranôs dör desmör », sur ces mots, je quittai Demeterös, sans me retourner.

Deuxième Âge de Cranä – An 154 – Mortefeuille.
Vaporïs, la ville machine.


La route jusqu'à Vaporïs, une cité importante de la contrée de Terra, fut longue et épuisante. Il me fallu contourner par bateau, étant sans le sou et manchot, jusqu'à dépasser le canal de Löyzen et emprunter celui de Söyzen pour enfin débarquer dans la cité. Terra était connue pour son avancée technologique et ses ingénieurs en herbe capable de concevoir tout ce qu'il était possible d'imaginer. Ces derniers étaient capable de créer des prothèses afin de remplacer un membre perdu, le but de mon arrêt ici. Béni par la foudre et l'eau, je pus procurer mes services afin de fournir la ville en énergie ou en apaisant les malades et les blessés contre un salaire de misère. Cette étape de ma vie marqua ma rencontre avec Ardën, une apprentie ingénieure qui m'avait trouvé dans une ruelle sous la plaque de la ville lorsque je n'avais aucun moyen de loger. C'était une femme légèrement plus âgée que moi, très fière de son père qu'elle n'avait jamais connu. Il s'agissait en réalité de la fille d'Aînur, étrange coïncidence que le destin avait placé devant moi. Tout le monde était au courant pour la prise de pouvoir du capitaine des Corbeaux, mais elle était persuadée que son père était incapable de faire une chose pareille, sa mère lui ayant promis. La culpabilité ou bien la compassion me retint de lui divulguer mon identité et mes relations avec cette homme ; néanmoins nous restâmes en contact et elle promit de m'aider, car son credo l'empêchait d'ignorer les gens dans le besoin. Elle donna alors une nouvelle vie à mon membre gauche.

Durant l'année de rééducation de mon bras, nous devînmes plus proches Ardën et moi, peut-être même plus que je ne l'aurais imaginé en la rencontrant. Elle me raconta que son père combattait pour les Gardiens de Méphystö avant de partir pour Gaïa. Sa famille paternelle venait d'Agrima et il souhaitait absolument s'y rendre afin de redorer le blason de cette cité. Seulement, sa femme était enceinte et ne pouvait l'accompagner. Elle le convainquit de partir remplir sa tâche tant qu'il ne serait pas retenu définitivement ici, et accepta malgré une profonde hésitation entre son bonheur actuel et ses vestiges du passé. La nouvelle de sa mort chagrina sa femme, qui ne tarda pas à se laisser mourir. Ardën avait souffert, mais plus déterminée que jamais, elle cherchait maintenant à aider au conflit dont Méphystö était confronté depuis des années ; en espérant ramener les technologies de Terra pour combattre les terribles hordes d'Azalem.

Ardën me conseilla de visiter Zorgräl, cette partie de Terra était sujette à la guerre, mais certains clans pouvaient m'être d'une aide précieuse. La magie ayant du mal à transiter dans les prothèses mécaniques, il fallait y attacher des pierres uniques et très rares qui permettaient de faciliter le maniement des éléments. Seuls les Draknä conservaient le mystère autour de ces gemmes, et une visite me permettrait peut-être d'en tirer profit. Elle aurait souhaité m'accompagner, mais son apprentissage auprès de son maître ingénieur l'en empêchait. Avant de partir, je pris la décision à contrecœur de lui dévoiler l'histoire d'Aînur ainsi que mon identité, estimant qu'elle avait le droit de savoir, je ne pus lui cacher plus longtemps. Elle ne me répondit pas et s'en alla en silence, l'eau ruisselant sur ses joues, alors que je m'éloignai à l'horizon. J'eus le cœur au bord des lèvres pendant mon périple, et je reteins mes larmes de tomber tout en pensant à ses sentiments. Énuma ne prononçait toujours pas un mot depuis presque deux années.

Deuxième Âge de Cranä – An 155 – Doucebrise.
Zorgräl, les terres scintillantes.


Les Draknä formaient un clan pour le moins étrange. Très sages et instruits, ils limitaient les problèmes en philosophant sur des solutions. Leur culte envers les pierres précieuses de la région ne m'impressionna pas, mais j'émis un grand respect pour leurs traditions. Je ne pus mentir devant tant de discernement et leur contai l'histoire qui justifiait mon voyage jusqu'ici. Un de leur ermite, béni par Psyolingäs, m'effleura pour prendre conscience de mon avenir ; cependant il n'en dit pas un mot et se confia à ses congénères. Suite à un accord, je passai quatre saisons entières auprès d'eux, afin de méditer sur l'utilisation de l'essence élémentaire et m'habituer à l'alexandrite qu'ils ont bien voulu m'offrir en échange de mon séjour sur les terres scintillantes. Celle-ci me permettait de canaliser l'élément foudroyant dans mon bras gauche. Je ne posai pas de questions sur le saphir qui me permettrait de manier l'eau, ayant jugé qu'ils me l'auraient fourni s'ils l'avaient estimé nécessaire. Lors de la deuxième période du printemps, j'aperçus brièvement un homme ayant l'air de porter sur ses épaules un lourd fardeau, le visage creusé par la colère, ou bien la tristesse ? Il s'en alla sans que nous ayons eu le temps de converser bien longtemps, mais je supposai que nos chemins se croiseraient de nouveau.

Deuxième Âge de Cranä – An 156 à 158 – Givresol.
Méphystö, la grande muraille.


Toujours tiraillé par ma rupture avec Ardën, je me dirigeai instinctivement vers Méphystö, après en voir fini avec la contrée de Terra. Mes lamentations sur ma survie au dépens de celle de sa famille m'empêchait de fermer l’œil durant mes rares repos nocturnes. Arriver jusqu'ici ne fut pas facile, et le froid constant de la région était par moment insupportable pour mon corps habitué des régions chaudes et estivales. La reine de cette ville imposait par son charisme, et ses rares apparitions en public me firent l'effet d'un tonnerre intérieur. Je compatissais pour le peuple tout en contemplant la gigantesque muraille éventrée de toute part, mais toujours debout. La situation n'était pas aussi abominable qu'à Agrima, chaque contrée possédait ses difficultés, et combattait de toutes ses forces pour en venir à bout.

Il n'en fut pas plus pour me convaincre de rejoindre les Gardiens, c'était la moindre des choses que je puisse faire pour racheter le surplus de vie que m'avait donné Aînur, et exprimer ma gratitude envers sa fille qui avait toutes les raisons du monde de m'en vouloir d'être là à la place de sa famille. Agrima attendrait, des alliés étant nécessaires pour s'en prendre à un empire de cette ampleur, et l'expérience me manquait. C'est pourquoi en plus de repousser les forces d'Azalem, je pris la décision de rejoindre la guilde des aventuriers de Méphystö. Durant deux années, je combattis, à en perdre la notion du temps. Beaucoup d'entre nous se sont demandés si notre lutte était vaine, mais je savais qu'un jour viendrait où les choses changeraient. J'en eus la conviction lorsque j'aperçus de nouveau l'étranger que j'avais rencontré sur les terres scintillantes, Carlyle Vangelis, qui lutta à mes côtés pendant un certain temps. Nous devînmes proches et promîmes de nous entraider, une fois qu'il aurait récupérer son trône. Je ne sus pourquoi je lui dévoilai tout mon passé à ce moment-là, mais mon instinct me dit que si je ne le faisais pas maintenant, je passerais à côté d'événements sans précédents.

Depuis si longtemps dissimulé dans les ténèbres de mon âme, je l'oubliai presque. Mais Énuma sorti de son silence, et prononça le nom de « Vangelis ».

À propos de vous

Pseudo / Prénom : Tom.

Âge : 22 ans.

Hobbies : Cinéma, lecture (romans, mangas, bd), jeux-vidéos, jeu de rôle.

Parlez nous de vous : Salut Smile Pour une présentation correcte, je m'appelle Thomas, je travaille pour le moment en logistique et l'une de mes passions c'est le jeu de rôle sur forum ! J'ai commencé assez jeune avec mon ami co-fondateur sur des forums Naruto, c'était la belle époque héhé ! Mais on a commencé à avoir de l'ambition et toutes sortes d'idées ont germé dans notre tête : celle que vous voyez aujourd'hui est de loin la plus grande et la plus aboutie de toutes. On travaille dessus depuis tellement longtemps qu'on a cru qu'on arriverait jamais au bout en dépit de notre temps libre et notre motivation ; mais aujourd'hui on peut enfin dire que c'est quasiment terminé et qu'il est fin prêt pour une ouverture !

C'est comme se soulager un bon coup après un effort incommensurable ! Bref, passons cette métaphore douteuse et je nous souhaite de se retrouver plus tard !  bounce

Depuis combien de temps fais-tu du rp ? 8 ans environ, avec de grandes pauses.

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