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Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa]
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MessageSujet: Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa] Dim 27 Nov - 14:09
Carlyle Vangelis
Roi d'Agharta
BlasonAge - 23 ans.
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Deuxième âge de Cranä - Mortefeuille - An 158 ~ Algalar la cité-arbre.

Entretiens, protocoles, apprentissage de l'art royal, instauration du nouveau pouvoir. Carlyle, qui avait passé les premiers jours de son règne installé nonchalamment sur son trône, ne réalisait que maintenant, aux abords d'Algalar, à quel point sa vie avait changé. Toute son existence n'avait été que tueries, mercenariat, et combats pour le moins sanglants. Manier une arme, il savait le faire ; gouverner un royaume, il s'en sentait incapable. Il y avait eu des moments de doute, particulièrement au tout début, avec une foule heureuse mais pas complètement unanime. On les connait tous, ces fidèles ayant juré allégeance à l'ancien pouvoir, peu importe sa politique, et qui préféreraient mourir plutôt que de prêter serment au légitime successeur d'une lignée prestigieuse. Revenir après Tündal, c'était revenir après vingt années de troubles, de changements drastiques, d'alliances brisées, de tensions au bord de l'explosion. Il se demanda s'il était revenu pour sauver sa cité et restaurer son honneur, ou uniquement pour assoiffer sa vengeance. Le fait d'être couronné et de diriger n'avait pas été dans ses pensées premières. Malgré le fait indéniable que le jeune roi était bien le descendant légitime de Sirion et fils d'Haröd Vangelis, la lame de Daïnslef n'obéissant qu'à lui, son retour était peut-être trop soudain ; inopiné ; violent. Aucune rumeur n'avait circulé sur lui en tant qu'héritier vivant. Ce n'était qu'au moment fatidique où la lame runique ancestrale avait transpercé le corps de l'imposteur que le guerrier était devenu conquérant, que le mercenaire était devenu roi, que Craven Sangd'ours était devenu Carlyle Vangelis.

Partis depuis une semaine, la garde royale d'Agharta accompagnait le nouveau roi en petit comité, traversant les comtés du Nord-ouest d'Hydräl, passant par Hülmyra et enfin explorant linéairement la forêt géante d'Üpsala. Arrivés à quelques ïstes de la capitale, l'ébullition commençait à se faire ressentir parmi les conseillers et même les gardes. La plupart avait subi la politique de Tündal, qui avait tout fait pour couper les liens avec la cité-arbre. Tous avaient compris avec lucidité qu'Agharta n'était ni plus ni moins qu'une conquête supplémentaire de l'Empire d'Argensol, dont le royaume des Sigürdval, Pointefer, était le pion qui avait ordonné au roi usurpateur de commettre le régicide envers la famille d'une des leurs, Juno Sigürdval, la sœur aînée de Tündal. Cette trahison honteuse, bien qu'apaisée depuis, mutilait encore de ses griffes pernicieuses l'esprit de Carlyle qui aspirait à la justice pour les siens. Sa famille n'avait pas été l'unique victime du chaos : nombreux alliés et familles amies des Vangelis avaient péri sous les lâches coups des traîtres. Avec les conseils de Lücian, le jeune roi gardait l'esprit clair et essayait malgré sa vomissante et dévorante obsession de vengeance, de se concentrer sur l'instant présent. Ruminer le passé avec désolation ou envisager le futur avec forte ambition ne faisait qu'alimenter sa fureur et sa perdition intérieure. Sa mélancolie maladive, depuis le temps qu'elle agissait sur son âme et son esprit, avait eu des répercussions sur son corps. Il n'était point exagéré d'affirmer que ce mal noir avait au moins raccourci sa vie de quelques années. Le bonheur et l'apaisement étaient désormais la clé qui permettrait à Carlyle de récupérer ses années perdues dans les ténèbres. Ces chimères affolantes devaient cesser ; cette géhenne intérieure devait devenir cristal de gel avant de reprendre une douce consistance.

Précédé par deux soldats armés de lances, Carlyle écoutait les clapotis monotones des sabots de son destrier. La forêt d'Üpsala était telle qu'on la décrivait : géante et lumineuse. Les senteurs avaient quelque chose de sublime et d'exquis. La brise manifestait toujours sa présence grâce à la grandeur des arbres qui naturellement avaient besoin d'espace entre eux pour s'étendre. Alors que le soleil dardait ses rayons chaleureux sur sa peau, il ferma les yeux et leva la tête en inspirant l'air pur de sa contrée natale. Rouvrant ses yeux d'émeraude, il expira silencieusement avec plusieurs saccades, synonyme du stress qui l'habitait. Quel était donc le but de tout ceci ? Venir s'imposer à la capitale comme nouveau roi, Vangelis de surcroît, allait-il convaincre le conseil et ses citoyens qui avaient dû subir avec douleur les assauts répétés de Tündal ? Aucune guerre n'avait été déclarée en vingt ans, malgré les tueries qui s'étaient orchestrées entre les deux territoires. Algalar disposait d'une politique souple et bienveillante, et n'avait pu se résoudre à déclarer la guerre malgré l'évidence du conflit. Les territoires d'Algalar avait diminué, et c'est en tant que roi cherchant la paix que Carlyle avançait vers les portes, ou tout du moins le tronc titanesque de la cité-arbre. Mais l'inquiétude était justifiée. Le souverain d'Agharta était seul, sans amis de confiance, sans connaissances ni expérience, avec des conseillers fatigués et épuisés ruminant un passé révolu, tout comme lui le faisait. La visite diplomatique d'Agharta à Algalar serait la première et la dernière action royale qu'il ferait en compagnie de ses conseillers actuels. Il lui fallait des membres de sa génération, jeunes et visionnaires.

Tout en caressant sa monture sur le flanc droit d’une main douce et d’un mouvement constant, Carlyle sourit et ferma les yeux.

*Il y a des moments où j’eus préféré que tu gardas pour toi ses secrets empoisonnés qui aujourd’hui me corrompent l’âme et me torturent l’esprit. Un monde sans passé prestigieux et tragique, uniquement destiné à une vie simple. Orphelin j’ai été, mais l’être sans le savoir eût été pour moi le plus beau des cadeaux. J’ai grandi en tant que guerrier, pas en tant que roi…*

*Nous ne naissons pas rois ou reines, nous le devenons. Ce ressentiment que tu as envers moi, je le comprends, mais je n’aurais pas eu à tout te révéler si ta mère adoptive avait su rester forte. Si je devais le refaire, je le referais, je ne te dirais rien, mais il est paradoxal que tu pointes du doigt mon mutisme alors que c’est ce que tu me reprochais il y a encore plusieurs années.*

*Tu es ma famille la plus proche bien que nous n’ayons aucun lien de sang, et pourtant, je ne me suis jamais senti aussi seul. Tu m’as protégé en laissant la vérité à l’état de statue, c’est indéniable. Mais chaque nuit je les vois, brûler telles des chandelles furieuses dans l'ombre. J’entends leurs cris stridents suppliant qu’on les apaise. J’ai cette vision tortueuse et éternelle de ma mère et de ma petite sœur réduites à l’état de cendres à la surface de mon œil et au creux de mon âme. Il faut que cela cesse, j’ai besoin de retrouver une stabilité.*

*...Carlyle, le temps viendra. Laisse tes chimères se dissiper et hisse-toi parmi les tiens. Tu es roi désormais, sois digne de ce titre.*

*Je t’en veux Lücian, mais tu es tout ce qu’il me reste de ma vraie famille et tu m’as toujours protégé, tu…*

Les trompettes de cuivre annoncèrent la venue de la visite royale tout en tirant l’hôte de sa discussion avec son galadrim. Le moment était venu de faire face à ses responsabilités, et aux conséquences de vingt années d’absence non voulues. Après un accueil plutôt respectueux de la plupart des citoyens mis au courant, le groupe d’Agharta s’engouffra dans le tronc de l’arbre titanesque, et put se rendre compte de la beauté et du génie architectural de la cité. Agharta était connue pour ses bâtiments somptueux aux lignes inconstantes et variées ; Algalar était connue pour ses fondations solides et brillamment agencées. Le bois doré était magnifique et les senteurs boisées apportaient aux poumons un air pur. Passé le quartier de Boidoré, Carlyle et les siens débouchèrent enfin sur la surface et son magnifique quartier mêlant branches titanesques, feuilles géantes et racines robustes. On avait l’impression d’être au dessus du ciel. Tentaculaire, les ruelles se divisaient et donnaient envie d’explorer les lieux. Alors que le groupe progressait, un intendant vint à leur rencontre.

« Votre altesse, bienvenue à Algalar, capitale de Spira. Le conseil n’est pas encore regroupé. Il faut dire que votre venue a semé un peu d’agitation dans la cité ! Nous souhaitons vous accueillir du mieux que nous pouvons, et sommes conscients de la difficulté de votre situation. C’est pour cela que les confréries de Tombétoile et des Dragonites, ainsi que la guilde de Brisevent vous invitent à explorer la cité en toute quiétude le temps que le conseil se regroupe. Nous vous ferons appeler incessamment sous peu. Profitez de lieux je vous prie ! »

Le jeune roi se sentit mal à l’aise devant tant de protocole. Il n’avait pas ressenti ça depuis sa montée sur le trône. Lui qui avait l’habitude de suivre son instinct et sa liberté, la proposition de cet intendant l’alléchait grandement. Il se retourna et intima à ses accompagnants de se détendre. Malgré la sollicitude des soldats, il leur pria de le laisser vagabonder le temps d’attendre le regroupement du conseil. Profitant de l’obéissance de ses sujets, bien qu'il trouvait cela malaisant, Carlyle s’en alla dans une ruelle où l’on vendait l’eau de l’arbre-ville. Elle était réputée pour ses vertus médicinales. Il décida d’en acheter une gourde pleine ; peut-être que la substance naturelle pourrait apaiser ses rêveries qui sait ? Se retournant pour aller visiter la confrérie de Tombétoile, il sombra encore dans ses pensées, tournées vers l’entrevue avec le conseil. Alors qu’il marchait les yeux dans le vide, il bouscula une jeune femme par inadvertance. Énervé par autant de distractions qui lui faisait perdre la réalité, il se retourna pour s’excuser.

« Veuillez me pardonner mademoiselle, j’étais dans mes pensées et... »

Il regarda de ses yeux d’émeraude l’inconnue aux yeux de saphir, et les trois secondes de silence parurent une éternité. Alors qu’il sentait une forte aura émaner de la jeune femme, il attendit que Lücian confirmât ce qu’il savait déjà.

*C’est une hôte...et elle n’est pas comme les autres.*

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MessageSujet: Re: Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa] Lun 28 Nov - 3:08
Astrëa Melanthä
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Voilà quelques temps déjà que la jeune femme native d’Héra avait quitté sa contrée bien-aimée, non sans un ultime regard nostalgique, pour plonger dans l’inconnu. Le voyage lui avait semblé interminable bien que fascinant pour elle qui n’avait rien connu d’autres que la région d’Erebö. Mais un sentiment double et confus habitait son cœur. Une hésitation sournoise s’était insinuée dans son esprit trop jeune et inexpérimenté pour être capable de prendre sereinement une décision d’une telle ampleur. Tout quitter pour tenter de conquérir une cité qu’elle n’a même jamais foulée. Quoi que sur ce point, Astrëa n’était pas certaine de ce qu’elle comptait faire, ni même de ce qu’elle voulait faire. Devait-elle accomplir le destin pour lequel ses ancêtres avaient tant sacrifié ? Etait-ce à elle que revenait ce fardeau ? Ne pouvait-elle pas jouir en toute quiétude d’une existence au sein de sa terre natale où elle se sentait de surcroit bien plus chez elle que n’importe où ailleurs ? C’était donc l’esprit quelque peu torturé et tortueux que la silmériane entama son périple vers les terres du Nord-Ouest, soit à l’opposé total de son point de départ.

Astrëa bénéficia du soutien de ses galadrims durant son avancée et n’eut à déplorer aucun incident véritablement fâcheux. Hélas, l’insouciance dont l’héritière avait pu faire preuve jusque là s’évapora bien vite après avoir franchit les frontières de sa région. En gagnant la ville portuaire de Sanza wäl, s’en était fini du sentiment de sécurité bienfaiteur dont jouissait la jeune femme à Enyä. Eressëa avait veillé à ce que son hôte reste sur ses gardes en permanence, que ça soit par inquiétude de sa véritable identité ou simplement en raison de sa condition de femme à l’allure peut être trop vulnérable. Désormais pourvu de la chevelure immaculée propre aux héritières de sa lignée, il n’était pas à exclure que certains se souviennent encore aujourd’hui de ce détails physique propre aux Thärsten. Cependant, ce n’était pas tant ici sur Héra que le danger le plus grand rodait à ce propos. Il convenait plutôt de s’inquiéter de sa bourse et de ses quelques objets de valeurs. C’est pour cela sans doute qu’Astrëa, bien que poussée par la curiosité, évita autant que possible les lieux malfamés et les personnes peu recommandables en attendant d’embarquer sur un navire.

La conjuratrice prit donc la mer pour la première fois de sa courte existence. Elle découvrit de ses yeux émerveillés cette étendue d’eau bleutée qui semblait infinie. Il n’était pourtant pas opportun de se perdre dans ses contemplations. Certes, la mer de Solorâ fut sans grande surprise pour les marins aguerris une mer d’huile et la traversée fut d’autant plus agréable. En revanche, il n’en fut pas de même pour la mer de Merryl. Faisant honneur à sa réputation, elle se révéla tumultueuse, ce qui ne manqua pas d’inquiéter Astrëa à plusieurs reprises. Fort heureusement, le navire ne chavira pas et finit par arriver à bon port, avec son équipage au complet bien qu’usé par le voyage. Sans surprise, Balrög n’avait pas été enchanté du tout lors de celui-ci et pestait régulièrement, lui pourtant si peu prolixe à l’ordinaire. Ravi que son hôte pose enfin pieds à terre, il retrouva le silence. La demoiselle se doutait que son second galadrim ne se sentait pas légitimé à la rassurer et à la pousser dans sa quête. C’était une affaire de famille et lui était arrivé bien trop récemment pour comprendre tous les tenants et aboutissants de ce secret. Il ne s’octroyait pas le droit ni de juger ni de conseiller, se cantonnant à un rôle purement protecteur vis-à-vis de son hôte. Et pourtant, Astrëa aurait apprécié un avis « extérieur » tant elle se sentait perdue à fond d’elle-même. Eressëa avait beau œuvrer dans l’intérêt de son hôte, elle était trop impliquée dans l’histoire de sa famille pour être objective.

Dans cette optique, la jeune femme avait décidé de commencer par investiguer discrètement sur Algalar et son conseil. Il y avait une chose qu’elle s’était promise, celle de ne pas mettre le chaos dans la cité si elle reposait sur une base politique « saine ». Elle avait suffisamment étudié l’Histoire des quatre contrées pour en retirer la leçon que les changements de système ne se faisaient que rarement dans la paix. Or, il serait d’un égoïsme sans nom que de provoquer de sanglants conflits internes dans le seul but de reconquérir un trône, même si celui-ci a été arraché à sa légitime propriétaire il y a bien des années. Après être restée si longtemps dans l’ombre, pourquoi ressurgir à un moment inopportun ? Cela ne ferait que faire sombrer définitivement la lignée royale. Astrëa en avait parfaitement conscience et la divinité du Vent également. C’était donc essentiellement pour juger de la situation actuelle que la conjuratrice avait regagné la terre de ses ancêtres, et peut-être aussi pour voir de ses yeux ce que jadis ses aïeuls contemplaient quotidiennement.

Dès qu’Astrëa foula le sol de Spira, elle prit soin de dissimuler sa chevelure immaculée sous le capuchon de sa robe. Elle n’avait pas jugé nécessaire de se teindre à son tour les cheveux, pensant à tord ou à raison que le temps avait fait son œuvre et que personne ne ferait le lien tant qu’Eressëa resterait sous sa forme diminuée. Pour autant, la silmériane ne se sentait pas encore tout à fait à l’aise avec cette particularité physique. Elle préférait passer inaperçue, au moins au début, le temps de s’acclimater. La jeune femme traversa donc la distance qui la séparait encore de sa destination finale en compagnie d’une sympathique petite troupe de marchands. L’un d’entre eux, sans doute l’ainé à en juger par sa barbe grisonnante, fit l’éloge de la cité d’Algalar à Astrëa et conta les merveilles architecturales qu’on pouvait y trouver. La conjuratrice n’avait que plus de hâte d’arriver enfin. Ce périple prit finalement fin quand se dessina au loin la cité nichée au cœur d’un arbre immense.

* Nous y sommes enfin Eressëa… *

Voyant son avenir s’annoncer dans cette vision mirifique, Astrëa prit une profonde inspiration comme pour se donner du courage. Plus elle s’avançait, et plus elle se sentait rapetisser face à la majesté de la capitale. Enfin elle passa l’entrée de la ville et y pénétra. L’agitation y était intense, rien de comparable avec Enyä. Même le bruit des trompettes retentit, annonçant certainement un évènement important auquel Astrëa ne prêta pas davantage attention. La jeune femme sentait son cœur cogner d’excitation dans sa poitrine. Elle salua son compagnon de route et s’empressa de s’engouffrer dans différentes rues et ruelles, posant son regard d’azur sur chaque détail qui l’entouraient. Elle aurait du se rendre en priorité au siège de sa nouvelle guilde mais à ce moment, elle se fichait bien de savoir où ses pas hasardeux la menaient. Son attention, attiré tantôt à sa droite, tantôt à sa gauche, l’empêcha de s’apercevoir qu’elle était sur le point de percuter un homme de forte carrure tout aussi absorbé par ses pensées qu’elle l’était. Le choc, bien que léger, la sortit soudainement de sa rêverie et fit tomber sa capuche, découvrant ainsi sa chevelure lunaire.

Sans même attendre que l’inconnu finisse sa phrase, Astrëa s’empressa de s’encapuchonner de nouveau, espérant que son geste n’attire pas la suspicion. Ce n’est que là qu’elle posa ses iris bleutés sur son interlocuteur. Intriguée car il s’était interrompu au milieu de ses dires, il dégageait quelque chose qui lui semblait familier. Devinant que la suite ne viendrait pas avant qu’elle-même ait dit quelque chose, elle finit par prendre la parole.

« Ce n’est rien, je suis également fautive. » fit-elle sur un ton tout aussi courtois.

Intérieurement, Astrëa entendit Balrög râler, sans doute mécontent que son hôte ait été bousculé. Finalement, ce fut Eressëa qui s’exprima.

* Cet homme… Il est l’hôte d’un galadrim. Tu l’as senti n’est-ce pas ? *

Astrëa acquiesça silencieusement tout en intensifiant son regard à la réflexion de sa compagne et l’examina brièvement.

* Il semble être guerrier à en juger par ses armes. Et considérant sa carrure, il doit être plutôt expérimenté. * Marquant une courte pause dans ses réflexions, Astrëa reprit. * Je ne pensais pas croiser si vite un hôte… *

La jeune femme pensa qu’elle ne devrait pas s’étonner de rencontrer si tôt quelqu’un comme lui. A Algalar, ce devait être chose commune avec les activités importantes de la guilde et des diverses confréries. Il est vrai qu’à Enyä, il était plus coutumier d’avoir à faire à des mages ou des arcanistes et les hôtes n’étaient pas des plus nombreux. Rassemblant le fil de ses pensées, Astrëa reposa ses pupilles sur l’inconnu. Supposant qu’il devait être originaire d’ici, il pourrait surement la renseigner sur un certain point. Ceci dit, ce n’était pas uniquement dans ce but que la demoiselle envisageait d’alimenter la conversation. Faire la connaissance d’un hôte éveillait inévitablement son intérêt.

« Etes-vous d’ici ? Je ne voudrais pas user de votre temps que je suppose précieux, mais je souhaiterai me rendre à la guilde de Brisevent  et j’ignore quel chemin emprunter. »

Astrëa évita volontairement le sujet des galadrims tout en glanant d’utiles informations au passage. Elle était curieuse de voir si son interlocuteur aborderait le sujet de lui-même. Peut-être était-ce là la cause de son trouble soudain ?

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MessageSujet: Re: Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa] Mer 30 Nov - 0:31
Carlyle Vangelis
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Carlyle resta figé devant la jeune femme. Il laissa ses yeux profonds errer quelques secondes avant de songer à reprendre surface avec la réalité. Il était très rare de croiser un hôte, mais la jeune dame aux cheveux immaculés différait des autres élus qu’il avait croisés durant son existence. Tantôt méfiant tantôt curieux, il décida de se détendre. Après tout, rencontrer une hôte aussi charmante n’était pas courant. À cette pensée filant comme une comète à travers l’esprit de Carlyle, Lücian put la cueillir au vol et en profita pour en dire quelques mots

* Reste tout de même sur tes gardes, tu n’es pas là pour faire du tourisme, rappelle-toi la raison de notre venue ici ! *

Il semblait que la guerrière de lumière sortait les griffes. Carlyle soupira lentement devant tant de méfiance. Il sourit à la passante qu’il avait bousculée et entreprit de converser avec elle tout en jouant les faux-semblants afin de laisser le mystère faire son office quant à leur situation mutuelle. Combien de temps cela allait-il tenir ? Le guerrier n’était pas du genre à laisser tomber une partie, fierté oblige. La demoiselle lui demanda des informations concernant la guilde de Brisevent, ne sachant où aller. Il comprit que celle-ci tentait une approche similaire afin de dissimuler sa vraie nature, quand bien même il était convaincu de sa totale connaissance concernant son statut d’hôte. Des galadrims se sentaient à des ïstes à la ronde, et en contact proche, des hôtes pouvaient faire de même. Sans perdre plus de temps, Carlyle l’invita d’un bras amical à la suivre.

« Mon temps ne saurait être plus précieux qu’en charmante compagnie. Je suis également en visite dans la ville et la guilde est une des destinations que j’envisageais. Vu les circonstances, il eût été inconvenant de vous laisser sur place sans vous aider à la trouver, surtout après vous avoir bousculé de la sorte. Allons-y ensemble je vous prie ! Il me semble que la guilde se trouve dans le quartier de Boidoré, il faut donc rebrousser chemin et quitter les hauteurs. »

Carlyle regarda derrière lui et songea à l’approche de la réunion diplomatique. D’un œil calme et avenant, il scruta l’allée, et vit au loin un de ses hommes au repos, qui semblait regarder dans sa direction. Le soldat lige, alerte et inquiet, commença à trottiner vers son roi en croyant que celui-ci l’avait invité à venir. Le guerrier fronça les sourcils et intima à ce dernier avec une mimique maladroite qu’il n’avait pas besoin de ses services. Voulant à tout prix éviter d’être dérangé avec sa nouvelle rencontre, Carlyle tourna le dos promptement, sourit à la jeune femme et l’invita d’un regard amical à descendre l’allée.

Tandis que les deux hôtes convergeaient vers un chemin de racines épais menant à la couche inférieure, des feuilles aux couleurs jaunes, rouges et oranges tombèrent nonchalamment sur leur passage. Attrapant l’une d’elle d’un geste souple ; réflexe de son ancienne vie à Dornmünd, là où l’Automne est éternel ; Carlyle regarda la jeune femme et ne put tenir plus longtemps à s’enquérir de la raison de sa venue et d’une chose encore plus personnelle et osée, peut-être même incongrue : « L’Automne est ma saison préférée, cela me rappelle une vie passée dans le Nord du pays. C’est donc la première fois que vous venez ici ? On doit tous passer un jour à la capitale n’est-il pas ? J’ai la vague impression de vous avoir déjà rencontrée, ou alors...ma mémoire me joue des tours, disons plutôt que je sens comme une sensation de déjà-vu. Cela serait trop inconvenant si je vous demandais votre prénom gente dame ? »

Parler aussi calmement et avec autant de galanterie ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps. Le protocole royal le lui exhortait ordinairement depuis des mois, mais il n’avait jamais pu encore parler librement à quelqu’un dans un cadre aussi exempt de contraintes. Mettre un nom sur ce visage aux yeux océaniques était pour lui la priorité du moment. Il brûlait d’une curiosité dévorante, où le jeu du paraître et la tentation de dévoilement en venaient presque à s’embrasser inexorablement. Elle était une hôte, tout comme lui, et à y bien réfléchir, cela faisait des années qu’il n’avait pas croisé un de ses semblables. Alors que Carlyle attendait la réponse, sans s’en rendre compte totalement, le mal implacable prénommé “Mélancolie” avait cessé de lui brûler l’âme. Cela n’arrivait normalement que dans une seule situation : sur le champ de bataille. Au fond de lui, une voix murmurante soupira de soulagement ou de dédain. Sûrement un peu des deux. La Reine de lumière feignait l'indifférence dans son cocon mystique.

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MessageSujet: Re: Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa] Mer 30 Nov - 23:32
Astrëa Melanthä
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Aux premiers mots de son nouveau compagnon de route, Astrëa esquissa à son tour un sourire. Celui-ci fut à la fois en réaction à la prévenance dont le jeune homme faisait preuve à son égard, mais également car elle apprécia le compliment glissé innocemment entre ses paroles. Elle ne manqua pas de remarquer qu’il la rejoignit dans son petit jeu des non-dits et s’en amusa intérieurement. Cela était une façon de pimenter une rencontre en jouant de mystère alors même qu’il n’y en avait point à ce propos. Ceci dit, cela témoignait d’une certaine finesse d’esprit qui plut à la silmériane. Ce n’était pas qu’un homme fait de muscles, il semblait aussi en avoir dans la tête.

La jeune femme ne prêta qu’à moitié attention au manège de son comparse quand celui-ci se retourna brièvement, comme pour jeter un regard en arrière avant d’entamer leur « promenade », et resta immobile jusqu’à ce que le guerrier l’invite à le suivre, ce qu’elle fit.

« Je vous remercie de votre sollicitude. Je me vois chanceuse d’avoir croisé votre route, aussi brutale fusse notre rencontre. »
En prononçant sa dernière phrase, Astrëa laissa s’échapper un sourire malicieux.

Une nouvelle fois, Balrög exprima son mécontentement par un grognement presque animal. Il n’avait jamais vraiment apprécié que son hôte s’attarde avec de jeunes inconnus. Hélas, cela amusait grandement Astrëa qui prenait plaisir à l’agacer l’air de rien en jouant de la situation, parfois au détriment de ses interlocuteurs. Autant il était difficile de plaisanter avec Eressëa, de nature imperturbable, autant cela s’avérait un jeu d’enfant avec la divinité des Ténèbres en dépit de lui-même. Au final, la seule des trois qui s’amusait était la jeune femme. Mais qu’importait, cela lui permettait surtout de se changer quelque peu les idées.

Cessant de se moquer affectueusement de son second galadrim, Astrëa reporta l’entièreté de son attention vers son comparse. Elle admira silencieusement les feuilles colorées qui virevoltaient à la brise légère. Ce n’était pas là un spectacle ordinaire pour qui vit loin d’ici. Cela devait certainement inspirer quelques poésies et chansons aux bardes et ménestrels du coin. Fermant brièvement les yeux, la conjuratrice se remémora alors l’ultime vision qu’elle avait de sa région natale. Son cœur se serra à cette image et en dépit de son gout pour l’aventure, la distance la rendait morose. Chassant cette pensée avant qu’elle ne vienne définitivement la hanter, elle rouvrit les yeux. Astrëa s’étonna du geste du guerrier qui saisit une feuille au vol. Elle posa son regard céleste sur celle-ci avant de le reporter sur le silmérian alors qu’il reprenait la parole. Il lui lâcha une information, signifiant qu’il avait vécu ailleurs par le passé. D’où pouvait venir cet homme, il semblait certain qu’il avait voyagé.

« L’Automne est une belle saison. Poétique, la mélancolie et la sagesse lui siéent. Cela nous oblige à prendre conscience de notre propre existence et de son aspect fugace. » La jeune femme prononça ces mots dans un demi-murmure, laissant ses iris se perdre quelques secondes au loin. Puis redevenant maître de son esprit, elle offrit un léger sourire à son interlocuteur avant de reprendre : « Pardonnez mon égarement. En effet, c’est la première fois que je foule les racines de cette ville. On m’en avait conté la singularité, mais je dois avouer que c’est au-delà de ce que mon esprit imaginait. Cela doit faire parti de ces lieux qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie n’est-ce pas ? Voilà qui est chose faite pour vous comme pour moi. C’est une chance que j’ai rejoint la guilde de Brisevent. »

Astrëa commençait a apprécié cet échange. Elle trouvait toujours intéressant de converser avec des étrangers, mais le fait est que celui-ci n’était de surcroit pas ordinaire. Au-delà même de son statut d’hôte, il dégageait quelque chose propre à ceux qui n’ont déjà que trop vécu d’évènements pour leur jeune âge que ce soit en bien ou en mal. Ses pupilles d’un éclat émeraude peu commun semblaient vouloir en dire d’avantage que sa bouche acceptait de dévoiler. Cela avait pour effet d’intriguer la conjuratrice qui monopolisa de nouveau la discussion.

« Hélas, je n’ai pas souvenir de vous avoir un jour croisé, cela d’autant plus que je ne suis pas native de Spira. Peut-être êtes-vous déjà passé à Héra ? Il n’y a que là que nos chemins se seraient joints par le passé. Quand bien même, cela serait une surprenante coïncidence que de se retrouver dans la contrée opposée, vous ne pensez pas ? Et je vous en prie, mon identité n’est point un secret. Je me prénomme Astrëa, de la famille Melanthä. Mon nom doit vous être inconnu messire. Puis-je vous retourner la question ? »

Continuant leur descente d’un pas paisible contrastant avec l’agitation ambiante, la demoiselle aux cheveux immaculée se laissait guider par son interlocuteur à qui elle dévoilait avec parcimonie quelques informations sur elle-même. Cela suffisait à étancher temporairement leur soif mutuelle d’en savoir toujours plus, tout en laissant à l’autre l’envie de quérir de nouvelles données. Remarquant finalement une gourde que tenait le guerrier, apparemment non entamé avec pour symbole un arbre dessiné sur sa surface, la curiosité d’Astrëa fut piquée au vif. Mais avant même de formuler une quelconque question à son sujet à son interlocuteur, Eressëa s’empressa de palier à l’ignorance de son hôte.

* C’est l’eau de l’Arbre d’Algalar. On lui prête quelques vertus médicinales et pour cette raison, elle est prisée par les gens de passage comme par les habitants de la ville. *

Ce qu’Astrëa appréciait avec ses galadrims, c’était qu’en dépit du fait d’en avoir deux au lieu d’un, ils savaient généralement garder le silence lorsque leur intervention n’était pas requise. Cela permettait à leur hôte de ne pas se perdre ni dans ses pensées ni dans ses dires. Et pourtant, quelques fois Eressëa s’invitait dans les réflexions de la jeune héritière, mais toujours avec habilité. Faignant ainsi de le savoir depuis longue date, Astrëa usa de cette information nouvellement acquise pour dériver la conversation.

« Serait-ce la célèbre eau de l’Arbre d’Algalar que vous possédez-là ? Excusez mon indiscrétion mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer votre gourde. Les vertus qu’on lui prête sont-elles véridiques ? Si tel est le cas, je serais intéressée d’y gouter. » Marquant une courte pause, Astrëa continua : « A ce propos, j’espère ne pas vous avoir dérangé dans vos emplettes. Si votre séjour est de courte de durée, j’en serais fort désolée. Cette ville est si grande que cela prend du temps d’en faire le tour. »

Par ces dernières réflexions, la demoiselle espérait apprendre de son compagnon jusqu’à quand il demeurerait ici. Elle avait bien compris que sa présence ne s’éterniserait pas et d’une certaine façon, cela l’attristait que sa première rencontre ne puisse être que brève. Il était bien trop tôt pour juger de leur relation future, pour autant les balbutiements de celle-ci s’avéraient plutôt encourageants.

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MessageSujet: Re: Le Guerrier et la Conjuratrice : Héritages et Secrets. [PV Astrëa] Sam 3 Déc - 13:08
Carlyle Vangelis
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BlasonAge - 23 ans.
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Une rencontre inopinée était toujours pourvue d'un mélange subtil de mystère et de déjà-vu. La belle voyageuse s'avérait tout aussi encline à jouer aux faux-semblants que son accompagnateur et avait accepté chaleureusement d'errer dans la cité-arbre. Carlyle était ravi de cette compagnie. Il ne se souvenait plus depuis combien de temps il n'avait pas eu à converser avec autant de quiétude et de légèreté. Sa courte vie déjà bien remplie se résumait en deux mots : voyages et combats. Cette promenade somme toute ordinaire entre deux personnes lui rappela malgré sa confiance en lui qu'il pouvait encore créer de l'intérêt chez les autres, même chez la gent féminine, malgré sa mine parfois austère et mélancolique. Mais il n'avait pas eu besoin de se forcer avec cette jeune femme, les choses s'étaient faites d'elles-même. Peut-être cela était-il dû à leur point commun partagé par une poignée de la population de Cranä ? Sentir une hôte aussi exceptionnelle près de lui l'inondait de chaleur et d'énergie mystique. Tels des torrents ardents tout droit sortis de la gueule d'un dragon, l'aura de la lumineuse dame arrivait à faire ce qu'uniquement le combat lui prodiguait d'ordinaire : elle le faisait se sentir vivant. Respirant profondément tout en essayant d'appréhender avec retenue ce flux intense qui le submergeait, Carlyle regarda discrètement et avec attention la silmériane tout en marchant vers le quartier de Boidoré ; était-elle sujette aux mêmes sensations vivifiantes ?

Alors que les deux voyageurs descendaient le grand arbre, la jeune hôte exprima une sensibilité attendrissante envers les choses de la vie. La réflexion de Carlyle sur la saison des feuilles mortes avait donné à la silmériane une occasion de lever quelques mystères sur sa personne. Étonné par sa vision de la vie similaire à la sienne, elle parla avec une posture que le guerrier ne connaissait que trop bien. Les yeux perdus dans le vide pendant quelques instants, elle sembla errer dans les méandres de l'inconnu. Vision purement chimérique et sublime, sa silhouette était pour lui un miroir déstabilisant et surnaturel de sa propre intériorité. La mélancolie la touchait également. Ce point commun eut pour effet de renforcer les liens jeunes et mystérieux entre les deux hôtes. Songeant à ce que la jeune femme avait pu vivre durant sa courte vie, Carlyle espérait que celle-ci n'était pas aussi sujette à ce mal que lui. Cet instinct protecteur empathique envers les gens qui lui étaient chers surgit en cet instant.

Voyant la dame aux yeux céruléens revenir à la réalité, il laissa la feuille qu'il avait kidnappé de son vol pour la laisser errer dans l'infini espace. Après qu'elle eut terminé sa rêverie, il constata avec amusement et attendrissement sa réaction concernant cette posture mentale. Ses excuses le rendaient quelque peu mal à l'aise au vu de ce que lui pouvait afficher comme tempérament mélancolique. Il se dit intérieurement avec force remontrance qu'il était hors de question de montrer cet aspect malaisé à son hôtesse. Affichant un sourire réconfortant, il apprit enfin que la voyageuse avait rejoint Brisevent. Cela lui donnait une raison de plus de l'accompagner et d'en savoir plus sur elle ; une connaissance précieuse à Algalar lui serait salutaire pour la suite de son règne. Peut-être voyait-il en elle une future alliée ? Une âme capable de le guider dans sa perdition ?

Prise d'un intérêt grandissant envers lui, la jeune silmériane lui dévoila son lieu de départ, ainsi que son nom. Curieusement exempt de surprises, Carlyle sourit en apprenant que la belle venait de la contrée aquatique. Cette révélation lui rappela bon nombres d'aventures sur les mers de Solorâ ainsi que ses combats épiques sur les terres de Krÿst. Mais l'intérêt le plus puissant restait bien évidemment le nom de la dame : Astrëa Melanthä. Inconnu à son esprit, il détendit son visage et ouvrit grand les yeux en face de son accompagnatrice fraîchement dévoilée. Le masque était levé et pourtant, le mystère restait entier. Informé de toutes les familles royales sur Cranä, chose qui lui avait été particulièrement immonde à ingurgiter pendant les récents mois, il chercha quelques secondes dans son esprit mais ne trouva rien concernant une certaine famille Melanthä. La raison de cette recherche tenait à une seule raison : il avait l'intime conviction que cette dame était issue d'une famille noble. Cela pouvait sembler ridicule et inconcevable, mais l'aura dégagée par Astrëa lui chuchotait dans l'oreille que son passé était fait d'or et de royauté. À demi réveillé, il plongea quelques secondes dans son for intérieur et conversa avec sa déesse. Alors que la logique flottait au sein de la conversation, elle se manifesta par la parole finale d'Astrëa, qui demanda à son tour l'identité du voyageur. Chose juste et inévitable.

* Je ne suis pas certain de vouloir lui révéler ma vraie identité... un danger erre toujours au dessus de ceux qui sont chers aux grands de ce monde. Je ne suis pas grand, juste en pleine ascension, je dois faire mes preuves, et m'afficher en tant que roi devant elle serait ridicule. Qu'ai-je accompli ? Je ne suis qu'un jeune souverain d'une dynastie à peine renaissante qui vient à la capitale pour être cerné par un conseil trahi par l'ancien règne d'Agharta. Non, non... il n'est pas question d'être cet homme en face d'elle, pas aujourd'hui... *

Lücian, comme à son accoutumée, parla d'une voix douce et apaisante.

* Tu dois choisir maintenant qui tu veux être. Tu as des raisons de ne pas vouloir tout lui dire, mais elle saura le moment venu la vérité, et tu devras t'y résoudre. *

Affichant une mine inquiète, Carlyle contint sa surprise et feint de ne pas la montrer devant Astrëa. Il attendit quelques secondes avant de se résigner à parler, en soupirant lentement.

« En tant que mercenaire j'ai beaucoup voyagé, notamment sur Héra, où j'ai été navigateur pendant un temps en guerre contre les pirates de Salazar. J'ai également combattu les légions d'Azalem dans les terres de Krÿst, mais je n'ai jamais exploré plus avant la contrée aquatique. Ma sensation de déjà-vu envers vous se traduit plutôt par une curieuse connexion qui éveille mes sens, comme une énergie, un flux qui me traverse et réagit en votre présence. Cela dit il n'est pas étonnant pour moi de vous savoir native d'Héra, vos yeux bleus siéent parfaitement à l'ambiance marine de la région sud-est. »

Marquant un temps d'hésitation, il la regarda de ses yeux scintillants et ouvrit lentement la bouche.

« Je me prénomme Craven Sangd'ours. Cela ne doit rien vous évoquer non plus j'imagine... »

Carlyle jurait intérieurement. La lèvre serrée, il aurait voulu se fracasser la tête contre le tronc le plus proche. Éhonté face à ce mensonge, qui en réalité n'en était pas vraiment un, il n'aurait à l'avenir aucune gêne à laisser Astrëa le corriger si celle-ci apprenait la vérité sur sa personne. Ce mensonge en demi-teinte, du fait de son réel passé en tant que Craven Sangd'ours, était à la fois pour la protéger elle ainsi que lui-même. Les événements récents lui avaient appris qu'il fallait toujours penser à mesurer ses mots, quitte à mentir aux autres pour les préserver. Tant que la stabilité ne serait pas revenue en son royaume, il ne pouvait pas se dévoiler librement partout où il allait. S'il y avait ne serait-ce qu'une occasion d'empêcher une connaissance précieuse à ses yeux de courir un danger, il se devait de prendre les devants quitte à mentir jusqu'à s'en mordre la langue jusqu'au sang. Alors qu'il regrettait ses paroles malgré sa volonté inexpugnable, il entreprit de continuer la conversation en répondant à Astrëa concernant son eau pure achetée de la boutique.

« C'est effectivement l'eau de l'arbre géant. J'ai entendu qu'elle avait des vertus médicinales pour le corps et l'âme. Je vous épargnerai la raison de son achat, celle-ci étant d'un ennui et d'une sombre face. Mais je vous en prie, goutez-donc en première, je ne l'ai pas encore ouverte, vous pourrez me dire si cela me soulagera de quelque façon que ce soit. »

Alors qu'il tendait l'eau à Astrëa, il songeait aux nombreux et immortels cauchemars qui le martyrisaient quasiment chaque nuit. Cette eau était sa prochaine potion contre sa mélancolie. Se jugeant naïf et ridicule, il regarda la jeune femme boire. Les cheveux au vent, elle illuminait la balade de feuilles de ses rayons reflétés. Soudainement, il stoppa son regard sur leur brillance, et se souvint de quelque chose. Il regarda gentiment la belle qui avait visiblement grand besoin d'étancher sa soif et continua à parler avec plus de lenteur tout en souriant devant l'engouement d'Astrëa pour l'eau.

« Je vous l'ai dit mon temps vous est entièrement accordé Astrëa. Je ne suis qu'en visite à la capitale, pour une audience avec le conseil, mais il m'est bien plus agréable de converser avec vous en cherchant la guilde que de errer tout seul, ce qui me permettrait encore une fois d'être victime d'égarements symptomatiques et... il y a quelque chose dans votre chevelure qui m'interroge... cette couleur si pure et immaculée est unique au monde, je n'ai jamais vu ça. J'ai lu qu'une famille royale de Spira était porteuse de cette particularité par le galadrim héréditaire qu'ils avaient en eux... vous n'en auriez pas entendu parler ? »

Forçant sa voix pour paraître innocent, Carlyle continuait malgré tout à jouer, et attendit la réaction d'Astrëa.

* La famille des Thärsten... *

« Dernière famille royale d'Algalar, déchue il y a plus de deux siècles... »

Coïncidence ou coup du sort, Carlyle ne savait trop quoi penser. Il avait sorti ce souvenir et l'avait soumis à Astrëa avec une curiosité et une esbroufe inconvenantes. Après tout, peut-être n'était-elle qu'une jeune femme bénie des dieux et née avec une chevelure magnifique...

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