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Eiluna Danjin
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MessageSujet: Eiluna Danjin Ven 13 Jan - 11:25

Cranä Legends © Fiche personnage


Eiluna Danjin, l'hôte silmérian

Sexe : Femme
Âge : 30 ans
Discipline : Magelame
Élément : Les Ténèbres
Allégeance : -
Guilde : Aubenoire

Aspect physique : S’il existe bien un trait physique particulièrement remarquable d’un premier regard porté sur Eiluna, c’est sa petite taille qui lui donne un aspect fragile et chétif. Du haut de son metre soixante et un, elle ne donne nullement l’apparence d’un être redoutable ou menaçant, et c’est un premier avis dont elle aime profiter pour surprendre plus que de raison. Même si elle n’est pas une combattante issue d’une certaine Élite, son agilité et sa maîtrise sont les points forts qu’elle sait mettre en pratique lors des combats physique, narguant ses adversaire et jouant principalement des différents effets de surprise qu’elle possède en atout plus que de la force dont elle n'est que moyennement pourvue.

Ses cheveux sont d’un noir ébène,  semblable au plumage des plus sombres corbeaux, qu’elle préfère porter en chignon bien rangé pour plus de commodité et ne cèdant à l’affranchissement de cette mise en pli que rarement lorsqu’elle sort pour se fondre dans la masse des villes bondées. Ce rideau obscur encadre un visage porcelaine, la peau légèrement pâle et blafarde, preuve qu’elle n’a guère profité du soleil de sa tendre jeunesse jusqu’à aujourd’hui. Certains pourraient se plaire à comparer cette harmonieuse duplicité comme le reflet d’une pleine lune impératrice de la nuit voir même son avatar. Ses yeux sont d’un bleu clair et profond, glacial, couplé à une attitude qui porte encore plus loin la distance qu’elle impose d’un simple regard. Il sera difficile de lui tirer le moindre sourire, sinon dans les moments où elle se complaît dans l’ironie provocatrice et acerbe.

Eiluna est très loin d’être une femme ordinaire, chaleureuse ou même d’une grande gentillesse et cela se voit et se sent immédiatement. Elle n’aura sans doute aucune difficulté à mettre mal à l’aise ses interlocuteurs, tant par son dédain palpable et son imperméabilité sentimentale. Elle n’est pas de celle qui cherche de la compagnie, à se faire offrir quelques chopes au coin d’un comptoir et à se voir gratifier de quelques éloges conquérantes, elle gratifie au préalable les badauds qui s’y seraient essayé d'un regard sévère et glacial, accentué par les traces sombres qu’elle se dessine autours des yeux.

Pour en finir avec son visage, qui reste toutefois d’une certaine beauté, ce dernier est plutôt fin, émacié, mais surtout sans une seule cicatrice ou tâche disgracieuse de naissance. Il enveloppe avec une harmonie certaine une bouche aux lèvres semi epaisses. Quelques fines arabesques marquent le point central de son front, dessiné au henné sombre avec une application certaine. Cette particularité est d’ailleurs la seule fioriture qu’elle s’accorde, démuni du moindre bijou et de la moindre breloque.

Concernant le reste de son corps, si ses vêtements amples ne laissent pas deviner grand-chose, elle reste néanmoins d’une musculature sportive sans la porter à outrance, témoin d’une certaine capacité au combat. Ses jambes sont bien plus développées que ses bras d’ailleurs,  équilibrant néanmoins le tout dans un ensemble qui reste agréable à contempler. Rare sont ceux qui pourront se vanter de l’avoir observé de près, et plus rare encore pourront attester de la présence d’un tatouage qui couvre son ventre, du bassin jusqu’à la naissance de sa poitrine convenable, sans être d’une grande opulence. Ce tatouage ne semble rien représenter de précis sinon un symbole à la signification étrangère,  ni un animal, ni un totem, rentrant plutôt dans le qualificatif de calligraphique.

D’un point de vu vestimentaire, Eiluna est d’une grande simplicité. Généralement, elle portera une tunique brune et par-dessus, une armure en cuir bouillie noir assez souple, ses avants bras seront également protégés par un cuir plus solide et durci, fourré aux extrémités pour le confort. Aux jambes, elle porte une jupe à lanières escortée de tassettes et des bandes molletières par-dessus ses bottes en cuir. Elle ne quitte que rarement sa tenue de combat, qui bien qu'assurant une protection mineure, reste d’une certaine efficacité et offre une mobilité indispensable.
Eiluna n’est pas d’une grande pudeur et ne se gênera pas à porter quelques tenues miniaturisés selon les plans et projets qu’elle a en tête, jouant de ses atouts féminins sans la moindre vergogne si cela s'avère nécessaire.


Caractère : Forgée et disciplinée, Eiluna est le fruit d’un travail acharné qui a eu pour but de lui retirer toute humanité, toute morale et tout sentiment et cela dès sa plus tendre enfance. C’est pourquoi il sera très difficile, presque impossible, de tirer des réactions autre que mécaniques à cette jeune femme qui ne se considère elle-même plus que comme un objet dénué de choix, une marionnette articulée dont les fils s’étendent bien au-delà des sphères du tangible.

Elle s’est forgée un masque de neutralité, quelques soient les circonstances, la rendant très peu réceptive à toute forme de provocation ou de compliment, se contentant des faits et très peu de la verve, la sienne étant très laconique. D’un point de vue extérieur, elle peut paraître impartiale et infaillible, ne laissant aucune faiblesse apparente, c’est l’image première qui se dégage de son attitude et de son regard, dont la froideur escorte avec brio le glacé de ses iris bleutés.

Mais sa réputation ne s’est pas uniquement forgée sur une image, une impression ou une intuition grâce notamment à ses affinités avec les Ténèbres dont elle use à outrance des penchants interdits par la morale, et la présence de son terrifiant Galadrim. Elle ne semble animée que d’un seul but, celui de satisfaire ceux qu’elle sert avec une loyauté qui détrône le fanatisme, ne connaissant ni émotion ni trouble à exécuter ou faire exécuter ceux qui auraient le malheur de la décevoir, n’hésitant pas à sacrifier quiconque pour le bien de sa mission, jusque elle-même s’il le fallait.

Elle ne semble avoir aucun attrait à l’aspect matériel, tant celui de la chair que du confort ou de la beauté, prônant que tout n’est qu’illusion et méprise pour les sens, utilisant ces derniers à des fins purement prosélytiques.

Eiluna est une fine tacticienne, mesurant ses coups bien longtemps à l’avance, planifiant et patientant avec la ferveur d’une femme qui a une totale confiance en ce qu’elle fait et en ce qu’elle sert, ne laissant aucune place au doute qu’elle catalogue bien vite comme hérétique, chacun de ses gestes servant un dessein bien plus grand.

Relation avec le galadrim : Eiluna semble avoir réussi à dompter son Galadrim comme un animal docile et obéissant au moindre de ses désirs car elle s’affirme elle-même comme étant maîtresse de sa volonté, la bête répondant à ses ordres à l’instar d’un serviteur qui se manifesterait en tant que tel dans le monde matériel. Il s’agit en réalité d’une mascarade convenue pour le bien de l’image afin d’affirmer la position de la silmeriane auprès de son culte et l’emprise dominatrice du Galadrim est forte et insidieuse, murmurant comme un vice qui entache son esprit des penchants obscurs et pensées vilenies. Le pacte fut scellé en connaissance de cause, ce qui rend Eiluna à la fois dépendante et soumise à sa férocité.



Vetalä, le galadrim

Sexe : Mâle
Race : Zalafür
Élément : Les Ténèbres

Aspect physique : Vetalä est une créature à la peau translucide où l’on devine le moindre de ses organes à travers cette dernière, jonglant entre muscles saillants dont il est largement pourvu, ses veines et ses os, ce qui rend à la pâleur de la lune son aspect des plus horrifiques. Bien que composé de deux jambes et de deux bras, à l’instar des êtres silmerians, Vetalä a la caractéristique de ne pas posséder d’yeux, ces derniers étant remplacés par un sens accru et puissamment développé : son ouïe. Il se déplace et s’oriente grâce à l’écholocalisation généré par quelques claquements de langue très caractéristiques et rapides générés à une fréquence ultrasonique si basse qu’elle en devient quasiment inaudible. Pour permettre cela, Vetalä est doté d’un système auditif assez grand, s’étendant de parts et d’autres de son crâne comme deux cavités importantes sinuant à travers sa chair.

L’autre principale caractéristique de ce Galadrïm est la proéminence de ses dents à l’aspect saillantes et le sur-dimensionnement de ses canines principales à la fois fines et perçantes, renforçant l’impact psychologique de son allure, déchiquetant ses proies au combat et s’en servant comme véritable arme à part entière.

Concernant l’allure, Vetalä se déplace avec l’aide de ses quatre membres bien qu’il soit capable de se redresser, se tenir ainsi, il est surtout à l’affût du moindre danger, ce lui permet d’anticiper en bondissant sur ses proies avec une extrême agilité. La préhension de ses mains et de ses pieds lui permet d’escalader toute surface, aidé par l’alignement Ténébreuse de son pouvoir dont il tire la capacité de faire fit de la gravité.

Vetalä ne communique avec personne en dehors de sa porteuse, préférant un cri bestial ou un grondement sourd lorsque il se manifeste tangiblement à l’attention des autres. Son murmure dans l’esprit d’Eiluna est caverneux, lourd et guttural.


Caractère : Maléfique de nature, Vetalä est un être sournois doté d’une intelligence sans pareil, manipulant le vice des silmérians à son avantage pour en faire profit. Sournois et profiteur, il n’hésite pas à jouer de son allure pour vaincre et convaincre avant même d’en avoir utilisé la force, car c’est bien dans le verbe et par les mots qu’il estime gagner plus de combat que sur le terrain, jouant de tentation pour étendre son emprise.

Vetalä est d’un orgueil outrancier mais n’hésite pas à user de nombreux subterfuge, quitte à se faire passer pour une bête sans âme et sans volonté pour simplement satisfaire sa quête de pouvoir en offrant tout le mérite à son hôte sur lequel il exerce son emprise perfide. En quête constante de conquête, il souhaite édifier pour la lignée qu'il choisira pour le succéder un nom et un empire forgé dans la terreur et le vice décadent.

Relation avec l'hôte : Il a choisi son hôte en toute connaissance de cause du lien qu’ils tisseraient comme un échange de bon procédé où il garderait néanmoins le contrôle de son âme plus torturé que jamais. Avocat du diable et des plus bas instincts, il n’hésite pas à pousser Eiluna plus loin dans les Ténèbres se jouant de sa volonté d'affirmer son existence par la terreur et par l'emprise.
Vetalä apprecie Eiluna simplement parce qu'elle est facilement manipulable et que sa quête et son ambition desservent ses propres enjeux.



Histoire

Lorsque le premier enfant naquit, son cri puissant fut le reflet de la destinée qu’il embrasserait, sous les flammes dansantes de quelques chandelles. Sa mère savait qu’il ne lui appartenait déjà plus et que son sort était scellé. Lorsque le second vint au monde, il le fit dans un souffle si fin et discret que l’on cru que sa mort viendrait. Dans les confidences murmurées et sous la surprise d’une telle existence qu’aucun ne s’était attendu, la sage-femme qui aida l’esclave à enfanter prit tous les risques de sa condition pour donner une chance d’échapper à son destin à ce qui se révéla comme un miracle.

Le garçon fut nommé Jihrä et confié aux bras de son sombre père qui avait déjà tracé les lignes de son sort. La fierté galvanisant son esprit d’avoir engendré un fils en premier né fut telle que sa jumelle put échapper à sa connaissance. La fille quant à elle ne reçue aucun nom de baptême, tandis que chacun des pas de sa protectrice l’emportait loin, très loin de l’héritage maléfique et cruel des Von Arius. Le chemin fut long et parsemé d’embûches, les terres hostiles de Gaïa n’offrant aucun répit, mais c’est au terme d’une déchirante épreuve, et grâce à l’aide précieuse d’un groupe de Jarapäs, que la femme qui avait subtilisé le nourrisson au nez et à la barbe de tous parvint enfin à rejoindre cette lueur d’espoir qui se dressait dans le désert d’un rouge flamboyant, sous les ailes protectrices du phénix de Dunardent. D’épuisement, la femme mourut, en priant Psyölingas d’accorder sa miséricorde pour l’enfant.

Élevée au sein de la guilde sans connaitre les vérités quant à ses origines, elle fut baptisée Eiluna, la fille de lune, en rapport à son teint pâle et ses cheveux couleur noir de nuit, puis élevée en tant qu’orpheline par des prêtresses de Psyölingas qui avait trouvé refuge au sein de Dunardent.


**Douze ans plus tard**

"Je sens le moelleux de mon oreiller et la douceur de mes draps tandis que je m’éveille d’un sommeil lourd et profond. Je suis dans mon lit, affublée de mes draps qui ne me délivrent aucune douceur. La fatigue qui m'harasse ne me permet pas de me souvenir du moment où je me suis endormi, mais apparemment j'ai eu le temps de me glisser au chaud sur mon matelas.

J'ai froid... je ne me souviens pas non plus avoir ouvert la fenêtre. Le souffle d’une brise fraîche caresse mon visage et me fait frissonner, mais je suis trop fatiguée pour ouvrir les yeux, pour me lever et fermer le carreau complètement. J’entends le tissu des rideaux qui s’élance dans les airs et frotte contre son homologue, à moins que ce ne soit que les dérives d’un rêve bien trop vivace. Je me blottis un peu plus dans mes draps, espérant qu’avec un peu de chance je parviendrais à me rendormir sans que le froid ne me dérange davantage. La fraîcheur mue en une sensation plus tiède qui me laisse à penser que je dérive enfin dans l’horizon de mes rêves. Une douce chaleur, un parfum aussi. Celui des plantes du jardin en contre-bas. La pénombre de mes yeux clos se renforcent encore, j'attends impatiente que le monde des rêves me submerge de nouveau. Une chaleur pressante sur mes bras... trop lourde...pour qu’elle soit réelle…
"

Eiluna se réveilla en sursaut, quelque chose ou quelqu'un l'avait agrippé fermement. L'étreinte était si forte, si puissante, elle cherchait à immobiliser sa proie, et surtout lui interdire le moindre cri. Une main épaisse s'était posée sur sa bouche alors qu'elle se débattait de toutes ses forces. Effort vain face à une telle détermination de maîtrise.

Le violent coup qu'elle reçut sur la tête ne l'assomma pas, elle fut étourdie tout au plus, mais incapable désormais du moindre mouvement. Son prédateur en profita pour lui bâillonner la bouche à l'aide d'un foulard et lui attacher les mains au-dessus de la tête, aux barreaux de son lit de fer. Quand elle reprit conscience et ouvrit les yeux, elle vit le visage de son agresseur. Un jeune silmérian d'une vingtaine d'année. Ses yeux étaient noirs, tout comme ses cheveux, plaqués en arrière, trempés de sueur. La course qui l'avait mené jusqu'à la résidence de sa victime et l'escalade qu'il avait dû exécuter pour grimper en haut des murs de l’édifice l'avaient épuisé, cependant il semblait garder encore une certaine vigueur.

Son regard, plus que malsain, fit frémir l'enfant d'horreur. Elle ne voulait, ni ne pouvait soutenir ce regard plus longtemps, aussi ferma-t-elle les yeux si fortement d'espoir d'effacer ces visions de son esprit et que tout cela ne soit qu'un rêve, qu’un cauchemar étouffant.

Mais rien...

Elle sentait le poids du silmérian allongé sur elle, alors que ses mains s'empressaient de déchirer le seul tissu qu’elle portait sur ses frêles épaules, dévoilant sa peau nue. Elle voulut crier, lui supplier d'arrêter, mais seuls de brefs bruits étouffés émanaient de sa bouche condamnée. Elle s'épuisa bien vite, la force venant à manquer et le souffle aussi, ses jambes battant le vide jusqu’à s’affaiblir. Elle le sentit se redresser alors que ses yeux s’étaient résolus à rester clos. Il posa ses deux mains sur ses genoux et tenta de pousser ses jambes l’une à l’opposé de l’autre, mais elle s'y opposa, imposant une résistance certaine issue de ses derniers remparts. Il poussa alors ses jambes avec une violence insensée, provoquant un craquement d'os fragile au niveau de son bassin. La douleur insupportable manqua de faire évanouir Eiluna, mais les dieux ne lui accordèrent pas cette clémence, hurlant de toutes ses forces et bloquée par le bâillon qui la réduisait au plus simple silence. Elle fut alors contrainte d'abandonner toute résistance afin d'éviter plus de mal encore. Son visage porcelaine, rougit par l’effort, s’inonda de larmes qu’elle ne pouvait ni ne voulait refréner. Elles étaient là l’unique témoin de sa candeur qu’on était en train de lui voler.

"Je suis désolé, je suis obligé de le faire. Tu comprends ? C'est ta faute, tu m'y pousses. Ta seule présence... mon corps entier vibre. Il faut... je dois le faire !"

Profanée, souillée, malmenée sans retenue aucune, le monde s'était arrêté autour d'elle lorsqu'il décida de la prendre avec une sauvagerie sans nom, les secondes devenant une éternité, les ombres et le chaos empoignant son cœur de cristal qui se brisa en un millier d’éclats. Pourtant il ne fallut qu’un souffle longtemps retenu pour que le supplice cesse enfin. Elle entendit un bruit lourd, quelque chose qui tombait au sol. Libérée de tout poids sur son corps, elle tenta de se recroqueviller en ouvrant les yeux pour comprendre. Un autre silmérian se tenait debout, au pied du premier. Il portait une lourde armure sombre et des tâches noires tatouaient son visage.

"Regarde-le, il est mort pour toi. Observe bien."

Jamais de sa vie elle n'avait vu tant de sang se répandre sur le sol. Il coulait à flot de sa tête désolidarisée du reste de son corps. Elle ne pouvait désormais plus quitter la scène du regard, comme si une force extérieure avait pris le contrôle de sa propre volonté pour l'obliger à garder les yeux ouverts. Elle ne cessait de regarder ce liquide carmin qui prenait tout son sens comme une divine illumination, alors que le silmérian non loin d’elle ne cessait plutôt de la regarder, elle.
Elle ne se rendit pas compte que son bâillon fut ôté et ses mains déliées.

Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. L'alerte avait été donnée à la découverte des deux précédentes victimes que le supplicié avait fait, avant de se faufiler dans la chambre de l'enfant. Tous ses membres tremblaient et sa poitrine se soulevait en une respiration saccadée, mais c'était là les moindres mouvements qu'elle pouvait exécuter. La porte s'ouvrit brusquement, offrant à la directrice de l'orphelinat un spectacle plus épouvantable encore que les deux scènes précédentes.
Le sang avait été répandu en un spectacle macabre sur le sol, les murs, les draps et sur l'enfant aussi, qui ne bougeait plus, les yeux fixés sur le cadavre qui avait achevé sa vie dans la surprise figé dans les traits de son visage, à moins que ce ne fut un monde inexistant et au-delà même de la plus simple imagination.

Poussant un cri d'horreur, la prêtresse s'enfuit, abandonnant Eiluna dans son lit, esseulée. Un léger rictus naquit sur les lèvres de son sauveur qui avait trouvé refuge dans un coin d'ombre, l'abritant de l'angle de vision de la vieille femme qui avait émergé dans cette pièce. Il s'avança vers l'enfant à son départ, lui caressant la joue avec une infinie tendresse, avant de susurrer à son oreille :

"Vois comme le cœur des mortels est sombre. Tu ne connaîtras que la peur, la douleur, la souffrance... mais moi, je peux t'en départir. Viens avec moi et tu ne connaîtras plus jamais cela."

Toujours immobile, figée dans son expression de terreur, il en profita pour soulever le corps de la frêle enfant, abattant sur ses épaules le couvert d’un drap sali et l'emmena discrètement avec lui. A nouveau dérobée et arrachée à son innocence, le silmérian leva l’encre dans les eaux menaçantes de Merryl pour conduire la fillette vers son destin au cœur même de l’île de Löseryn, dans l’antre de l’Ordre Del-Siyäh fondé par les aborigènes et les marins qui s’y étaient perdu.


**Trois ans plus tard**

Un nouveau coup s'abattit sur la joue de la jeune fille qui eut raison, cette fois-ci, de son équilibre, s'effondrant au sol sans parvenir à se retenir au moindre mobilier. Sa lèvre inférieure avait éclatée sous l'impact, et de celle-ci s'écoulait doucement un filet de sang, maculant son menton. Ses pommettes prirent une couleur rouge-violacée, semblable à de nombreuses autres meurtrissures qui couvraient l'ensemble de son corps.

"Tu n'apprendras donc jamais !"

L'enfant se recroquevilla dans un coin de la pièce, en s'agrippant aux blocs de pierre grossiers du mur suintant d'humidité lorsque son mentor et Guide de son Ordre dressa à nouveau la lanière de cuir rigide qu'il tenait en main et l'abattit sur elle, de toute ses forces, déchirant le tissu précaire de son épaule et vrillant sa peau.

"Les sentiments sont le poison de l'humanité, ils sont un chancre qui vous ronge et vous rend faible. Ils émoussent les lames et transforment les guerriers en utopistes. Il n'y a que lorsque tu en seras dépourvue que tu pourras prétendre à devenir meilleure. Tu es douée, Eiluna, mais cet entêtement aux larmes t'empêchera de progresser pour mieux servir ton Maître."

Un coup, puissant encore, lacéra sa cuisse, tandis qu'elle essayait de se protéger comme elle pouvait de ses bras meurtris, la faisant gémir à nouveau de douleur.

"Tristesse, colère, amour, haine, compassion. Tout ceci est le fruit des mortels. Tu dois t'en départir !"

Tandis que le silmérian continuait à la battre, son visage n'était pourvu que d'un simple rictus, ni malsain, ni mauvais, sur le coin de ses lèvres. Au bout d'un instant, alors que la douleur avait complètement engourdi les muscles et les réactions de la jeune fille, il se pencha sur elle et déposa, avec tendresse et douceur, un baiser sur ses lèvres vermeilles pour en goutter le sang. Selon lui, il était le plus doux et le plus suave qu'il n'eut jamais apprécié.

"Un jour, tu comprendras, mon enfant, que les sentiments ne sont que pure faiblesse et qu'ils te mèneront à ta perte."

Il semblait satisfait du visage qu'elle arborait en cet instant, alors que son regard ne reflétait rien en dépit de ce qu'il venait de lui faire subir. Il la prit dans ses bras, la soulevant lentement du sol pour aller la déposer dans sa couche, la laissant à sa méditation et à son repos mérité.

La douleur.

Prise d’une envie soudaine d’en finir une fois pour toute mais dans l’incapacité d’y parvenir. Comme si les rôles avaient été inversés, elle voulait s’endormir et se dire qu’elle va s’éveiller, fruit d’un mauvais rêve. Son corps fut pris de spasmes incontrôlés et des sanglots s’échappent de sa gorge serrée mais dépourvue de larme.

Au terme d’un très long rituel, elle accueillit le sang de son Maître en son être, gagnant une part infime de son pouvoir mais avec la condition unique de payer sa dette. La voix rude et grave vibre dans sa tête, entonnant les principes fondamentaux de tout adepte de l’Ordre. Combien de fois encore devra-t-elle les subir ? Combien de fois avant qu’elle ne succombe totalement à l’appel du néant et du chaos ?

Foi.
Discipline.
Abnégation.
Soumission.
Obéissance.
Dévotion.

Foutaises … foutaises. Foutaises !

Et pourtant, toute volonté à ses limites et fini par s’étioler.

Au début, elle n’y croit pas.
Au début, elle pensait satisfaire simplement son bourreau pour que cesse les assauts.
Au début, elle se disait qu’elle donnait une illusion de la réalité.

Mais l’Illusion finit par la rattraper. L’échine courbée, elle murmura allégeance. Le conditionnement à échelle humaine lorsqu’une récompense fut accordée au lieu de coups douloureux, pour les bonnes actions.

Elle finit par douter jusqu’à ce qu’un jour elle achève sa première victime en se disant qu’il vaut mieux que ce soit elle. Elle boit son sang et s’en abreuve. Et puis, elle finit par aimer cette sensation.

L’instinct de survie.

Ses perceptions changèrent, incapable de dire qui elle était et d’où elle venait, jusqu’à finir par croire, par obéir, par s’abandonner, par se soumettre, par se résigner, par se sacrifier.

Il n'y eut plus de raison. Il n'y eut plus d'espoir.

A l’âge de seize ans, lorsqu'elle mit un enfant au monde et qu'ils le sacrifièrent sur l'autel à la gloire du nouveau dominateur. Soumise, Eiluna n'existait plus, elle n'avait jamais existé.

Contre toute attente, contre toute espérance, galvanisant la fierté de son mentor, Eiluna se montra d’une indéfectible cruauté, tuant et massacrant, offrant en sacrifice toujours plus d'âme à dévorer et payant sa dette chaque jour qu'il était possible, des marins et badauds qui avaient eut l'audace de s'approcher des côtes sauvages de Löseryn. Elle prenait plaisir à la chasse sans en faire un véritable jeu, se concentrant sur l'efficacité. Sa condition physique ne lui permit pas d’être une redoutable guerrière pour l’armée de son seul et unique Maître, mais son talent se manifesta par la maîtrise qu’elle donnait aux Ténèbres comme l’extension même de sa volonté. Lame et magie s’harmonisèrent sous le couperet de son épée, renforçant dans son sillage les halos d’Ombre de ses alliés, et pourtant, ce ne fut pas suffisant, happée par sa volonté de grandeur et son ambition, ne pouvant se résoudre à rester qu’un piètre pion à pourchasser quelques malandrins. Si elle devait se trouver une existence, elle le ferait dans la gloire et l’éminence loin de l'étouffante et étroite végétation de la grande île de Löseryn.

C’est ainsi qu’apparu Vetalä, le Galadrim Zalafür, à la faveur des ombres de la jungle de l’île carnassière. Elle n’eut crainte de sa nature ni des perspectives de la mort qui l’attendait à la menace de ses crocs acérés. Vetalä voulu tester la jeune femme, lui livrant un combat qui ne laissait présager aucune merci jusqu’à ce qu’au terme, avant que ses griffes et ses dents ne lui arrachent la gorge, il lui fit une offre, comme une promesse attendue depuis l'aube des temps, celle d’une gloire et d’un destin si grand qui lui permettrait de dominer tous les autres. Le pacte fut scellé et les âmes se mêlèrent pour n'en faire plus qu'une.

Cette nouvelle puissance acquise aux yeux des siens, Eiluna ne tarda pas à prendre une place majeure dans l’estime de son sombre mentor, mettant à profit son compagnon Galadrim pour asseoir sa puissance, n'hésitant à aucune seconde le sacrifice des siens pour la démonstration. Il lui céda alors sa place en tant que Guide, lui dont le temps avait marqué de son empreinte, d’être les yeux et la voix de leur Maître en terre de Gaïa. Elle fut nommée Guide de son Ordre, comme le fut son mentor avant elle, en compagnie d’une poignée de silmérians qui arpenteraient sous ses ordres le continent. Son premier acte, susurré par Vetalä, aura été de chercher à construire un édifice aussi sombre qu’imprenable au cœur même de la sombre Torväl et de partir à la recherche de combattants ou d’enfants à soumettre, qui courberaient l’échine à la gloire de son sombre Maître.

À propos de vous

Pseudo / Prénom : Eiluna, Eili'
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Hobbies : Le Jeu de rôle, la photo, le dessin, le codage, film, pokémonaddict, mon homme, mon fils.

Parlez nous de vous : Papa et maman ont fait des cochonneries, et paf ça fait des chocapic.

Origine de votre avatar : Luis Royo Malefic

Depuis combien de temps fais-tu du rp ? Depuis plus de 16 ans. Sur forum d'abord, puis sur table, en GN, sur MMORPG, en murder, j'ai même testé via IRC.

Comment as-tu connu le forum ? Via Valdemàr.

Que penses-tu de celui-ci ? Un univers si riche et étendu qu'il est aisé de s'en imprégner. Une très bonne inspiration, à la fois originale et familière. Le point fort réside sur l'ouverture des Admins, leur aide constante pour valoriser une histoire. Quant à l'esthétisme, sobre et efficace, les images choisies sont d'ailleurs sublimes !

Cranä Legends © Fiche personnage
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Ven 13 Jan - 16:15
Bonjour et bienvenue Eiluna !! o/

L'avatar de ton personnage est trop bien *_*

16 années de RP, ça fait pas mal XD Les trois quarts de ma vie.

Bon courage pour la suite de ta fiche Smile
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Ven 13 Jan - 16:47
Bienvenue Eiluna !
Une nouvelle venue, qui plus est certainement la seule du coup pour le moment Smile
Il était temps de remplir Gaïa, c'est chose faite !
Bon courage pour ta fiche (même si je pense que si t'es comme l'autre de 190 kilos t'en auras pas besoin !). Cool
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Ven 13 Jan - 19:34
Oh une magelame Surprised

Bonjour/Bonsoir et Bienvenue ! La paix soit sur toi
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Lun 16 Jan - 11:29
Bonjour/Bonsoir !

Merci pour l'accueil. Je prends un peu de temps pour la rédaction de mes textes histoire de bien peaufiner tout ça, mais ça viendra très vite !
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Lun 16 Jan - 14:42
Pas de soucis prends ton temps ! ^^
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Jeu 26 Jan - 13:58
Ce fut long ! Mais normalement, c'est fini... enfin jusqu'à vos commentaires !
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin Ven 27 Jan - 15:17
Tu es officiellement un membre Eiluna félicitations ! -des confettis tombent du ciel-
L'histoire respecte l'univers et tout ce dont nous avions parlé donc c'est parfait !
Je t'invite à aller faire ton journal de bord vite fait et ensuite à rp frénétiquement. Cool
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MessageSujet: Re: Eiluna Danjin
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