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Un intrus tout de noir vêtu [PV : Valérius]
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MessageSujet: Un intrus tout de noir vêtu [PV : Valérius] Jeu 19 Jan - 12:40
Valdemàr Osgéír
Roi de Dornmünd
Age - 31 ans.

Côtes des terres de Dornmünd.
A la cinquième semaine de Givresol ; Hiver.


Son regard balayait l'horizon, qui le remplissait de satisfaction et de fierté. Monté sur son fidèle destrier aux larges sabots, le plus grand et le plus musclé des chevaux de Dornmünd, moindre nécessité en était pour supporter le poids et la largeur du colosse, Valdemàr était à quelques milïstes des pontons du port fortifié, entouré des pêcheurs, commerçants et marins qui s'affairaient à leurs occupations sur la large berge du canal Löyzen. De nombreux navires étaient alignés de chaque coté des nombreux pontons servant à l'arrimage, des navires marchands modestes aux plus grands navires d'impressionnante fabrication destinés à la guerre ou appartenant à des puissances voisines venues en délégation ; les bateaux de pêche installés comme il était possible entre les autres navires ou plus loin isolés.

La population présente était habillée d'épais vêtements pour se protéger du froid qui venait à geler les armatures de bois et les poissons disposés dans un tas de caisses encombrantes un peu partout, propageant une forte et agréable à qui savait l'apprécier odeur marine. Ce qui intéressait le Roi-Guerrier n'était rien de tout cela cependant, mais bien le chantier à même l'eau qui se trouvait droit devant lui. Des navires de guerre, une dizaine, étaient travaillés jours et nuits, visant à les bâtir au plus vite et la main d'oeuvre était remarquable : des centaines d'hommes allaient et venaient depuis la berge, pullulaient tels des insectes sur les puissantes structures inachevées, transportaient des palettes de planches épais comme des murailles et des longueurs de cordes à n'en plus finir, entremêlées en augustes toiles.

Valdemàr prit une inspiration, sous le regard plein d'appréhension du chef de chantier à ses cotés, qui attendait, non sans subir un stress étouffant, que le roi donne son verdict. Un roi vêtu d'une tunique bleue sombre aux motifs bruns-dorés sur les bras, garni de cuir au torse et au dos, une côte de maille coupée aux bras venait le couvrir et tomber jusqu'aux genoux où elle s'avérait bien plus large. Son pantalon de même facture que sa tunique et ses bottes de cuir tanné brunes et très épaisses. Rien qui ne se comparer à son superbe et prestigieusement large manteau de grande fourrure blanche, dont la boucle dorée qui l'attachait au torse était faite d'une grande pierre incrustée couleur saphir.

En comparaison de tous ceux qui se trouvaient aux alentours, il était bel et bien roi d'apparence et de stature, il n'y avait aucun doute à cela.


« Combien de temps faudra t-il encore pour la préparation des navires ? » Tranchait de sa voix très grave, sévèrement rauque et rugissante le roi.

« Quelques mois pour cette flotte mon roi. » Rétorqua sans attendre le concerné, à pieds et à son flanc, dont la tête demeurait relevée vers le colosse. « Il sera nécessaire de compter un délai d'un an pour que la noble flotte soit en mesure de transporter une grande armée telle la vôtre ô roi. Soyez sûr que nous travaillons sans cesse et du mieux possible pour vous combler ô noble seigneur. »

La multiplication des distinctions de rang de la part du frêle homme, du moins l'était-il en comparaison du cavalier, trahissait la crainte non moins palpable déjà évoquée, pour cause, tous connaissaient la sévérité de Valdemàr lorsqu'il était insatisfait de ses sujets, des rumeurs disaient même que le précédent chef de la construction des navires, jugé incompétent, avait été étranglé par la garde en représailles. Aujourd'hui pourtant, le roi semblait bien disposé et acquiesça légèrement, une fois, sans quitter du regard ses navires en devenir et le travail acharné qui s'y exerçait, avant de porter ses yeux foudroyants vers l'homme à son coté.

« Je t'accorde une année, ne me déçois pas. » Commença Valdemàr, tout en le jaugeant du regard, il marqua un court temps pour apprécier la pression évidente que s'imposait son sujet, puis ajouta. « Tu as bien travailler maître-charpentier, crois bien que tu seras grandement récompensé pour tes services. Achève ma flotte dans les temps, donne moi les meilleurs des navires et je te couvrirais de zils qui te mettront à l'abri du besoin, toi et ta descendance. Si ce ne devait pas être le cas... »

Il avait ralenti son ton, le fixant droit dans les yeux sans bouger de sa posture ni chercher à appuyer un regard déjà bien assez intense de nature, conservant la neutralité ferme de sa voix. Le charpentier, son corps, ses muscles jusqu'à ses os se raidirent, il attendit la lourde menace qui devait fatalement lui être formulée, dans le but de lui faire passer toute envie d'oisiveté, mais elle ne vint pas. Valdemàr n'acheva tout simplement pas sa phrase, bien que ses yeux en dirent bien suffisamment long, il se contenta de tirer les rênes de son cheval qui souffla des naseaux avant de faire demi-tour.

Le charpentier ferma les yeux, soulagé de la fin de cette difficile entrevue, comme à chaque fois, car il savait qu'une épée de Damoclès était figée au-dessus de sa tête et se languissait de plonger dans son cou, s'il devait d'une façon ou d'une autre décevoir les exigeantes attentes du seigneur des ces terres. Pour l'heure, le roi lança sa monture au galop et fila à toute allure le long du chemin jusqu'à l'avenue principale qui le mènerait aux portes du port, là où cinquante cuirassiers servant d'escorte le suivraient jusqu'à la cité.



Dornmünd, la Cité des chevaux.
Deux heures plus tard.


Il avait fallu deux fois plus de temps qu'accoutumer au roi pour revenir du port à la cité, pour cause, il avait profité de ce retour à dos de monture pour visiter les tours aux abords de la route, qui défendaient tout du long cet axe routier essentiel intérieur aux terres. En arrivant à la cité, passant le pont-levis au-dessus des douves et la herse devançant les portes de bois alors ouvertes pour autoriser la circulation, fortes protections qu'il avait érigé, tous les manants s'écartèrent sur le passage de la troupe qui ne s'attardait pas sur la place du marché et se taillait un chemin dans la foule pour gagner le centre de la cité. Le palais royal, jouxtant le hall royal, prit rapidement forme car il était le plus haut des bâtiments, véritable petite fort dans la cité fortifiée, elle dressait les plus hautes tours de Dornmünd.

Le roi vint devant ses portes où une allée de soldats immobiles l'attendaient, fermant pratiquement la vue du roi lorsqu'il descendit de cheval pour longer cette allée, on ne pouvait que voir cependant sa grande taille dépasser au-dessus des heaumes et c'est après son passage que l'on referma les portes du palais, laissant gardes et cavaliers retourner à leurs surveillances, patrouilles et autres besognes quotidiennes. Le temps de saluer silencieusement les occupants des lieux sur son passage jusqu'à ses appartements, comptant ses proches conseillers, les gardes royaux, les dames et les servants. Il lui fallut grimper les escaliers menant au plus haut niveau du palais et là-bas, il provoqua un léger sursaut à l'une des dames qu'il fessa dans son dos sans scrupule aux yeux des deux gardes qui restèrent raides, nul n'avait à réagir, pas même la dame qui se contenta de rougir et de filer d'un gloussement vers les salles communes.

Le voilà qui entrait en finalité dans ses appartements, enfin seul, il refermait les portes avant de retirer d'un soupir son manteau qu'il installa sur un porteur sculpté dédié. Il était pour lui de prendre un peu de repos, affairé qu'il avait été depuis l'aube à remplir ses obligations et ses déplacements divers à l'inspection des forces en présence, qu'il faisait lui-même, c'était une règle d'or.


« Nous ne sssommmes pas ssseuls... il y en a d'autres, des prédateurs originels... Peur. Danger. Sssouffrance à portée. »

Cette voix serpentine lui était apparue dans son esprit, sifflant comme un écho, celui de son allié invisible, Nidhogg. A ces mots, Valdemàr s'interrompit alors qu'il s'apprêtait à s'asseoir sur le grand lit royal, et se redressa de toute sa stature en restant de marbre. Lentement, ses yeux se tournèrent, puis son visage et du coin du regard il chercha à capter la présence soufflée par son ami, amenant sa main jusqu'à la garde de son épée maudite à sa ceinture, qu'il empoigna sans la sortir. Il le comprenait aisément, des hôtes étaient présents dans cette pièce, cachés à son regard.
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MessageSujet: Re: Un intrus tout de noir vêtu [PV : Valérius] Mar 31 Jan - 16:12
Valérius V. Drakul
Le Comte Sanglant
Age - 42 ans.

A l'abri d'un recoin d'une grande armoire, couvert par l'ombre, il avait demeuré dans l'attente de voir venir le silmérian pour qui il avait fait voyage jusqu'à Dornmünd, cette cité loin de son domaine et recelant autant de maîtrise au dressage des chevaux que de puissance à l'art militaire dans de futurs campagnes. Dans le monde des êtres de pouvoir, peu ne soupçonnaient pas encore ce que pouvait préparer le roi de ces lieux, qui avait transformé une cité de festoiement et de tranquillité en machine de guerre bien huilée, afin d'accomplir quelque chose qui échappait au commun des maîtres du monde mais qui s'avérait bien réel.

Passer les gardes ne fut pas si compliqué, quand on possède le talent de corrompre les esprits, il n'est pas besoin d'une épée ou d'un titre pour entrer là où on peut le souhaiter. Pour sûr, ce roi n'apprécierait pas une telle audace et sans doute, l'existence d'un si aisé danger, mais le Comte misait sur l'impression qu'il lui ferait dès les premiers instants pour éviter la potence et attirer son attention, sa curiosité et son écoute. Quand enfin les portent s'ouvrirent, il se pressa un peu plus contre l'armoire, de façon à ne pas être vu tout de suite, il était essentiel que la surprise se fasse en huit clos et le simple fait que le roi entre ainsi en silence suggérait qu'il n'avait pas remarqué le marasme passager des gardes en poste devant ces appartements. 

Son regard sombre et acéré suivi le roi qui s'approchait du lit, probablement requérait-il du repos, cependant c'est bien sa stature qui l'impressionna. Une telle hauteur, de tels muscles, c'était un véritable géant et ce simple fait permettait de saisir un peu mieux la réputation qui était contée de ce guerrier féroce. Le Comte était fait de silence, il ne bougeait pas, ne disait rien, se contentait de l'observer depuis l'ombre qui le protégeait, jusqu'à ce que le roi interrompt son mouvement visant à s'asseoir, pour se redresser d'une étrange façon : il semblait alerté, ses yeux se mettaient à scintiller d'attention et sa main se portait à la garde de son épée. Il n'y avait pas le moindre doute au fait qu'il soit alerté d'une présence, comment ? 

La question était rhétorique dans l'esprit du conjurateur, en quelque sorte, puisqu'il perçu rapidement l'essence qui cohabitait dans l'esprit du roi, celle d'un descendant des dieux, il était donc réellement un hôte comme il avait pu l'entendre. Grand, puissant, réputé de son talent à la guerre et au combat et hôte d'un dieu, qui plus est pourvu d'une puissante cité, ce Valdemàr Osgéír avait décidément tout pour briller et asseoir une lourde domination à venir sur Cranä, mais son esprit était-il à la hauteur de ses prétentions ? Était-il fait pour devenir une légende ? Ou une illusion éphémère et lamentable qui s'écroulera au devant des défis qui se présenteront ? Pour l'heure, il faudra jouer sur la corde raide et se faire connaître, le moment de vérité.

Il s'extirpa alors de son couvert, apparaissant au regard du roi avec une inquiétante sérénité, les mains tenues dans son dos, son regard toujours braqué sur celui qu'il était venu visité, tout de noir vêtu de son long manteau fermé à ses chaussures seules à être autrement visibles de ses vêtements. Il attendit, le temps d'un instant, d'être braqué par les yeux du roi avant d'envisager de prendre parole, et même là il resta à marquer un temps pour mieux installer un climat de tension bénéfique à son entrée théâtrale. Ses propres yeux glissèrent de l'épée dans son fourreau à ceux du Sovengär, puis il dit de sa fort grave et très rugueuse voix un semblant éraillée de nature :


« Il ne sera pas nécessaire de vous munir de votre épée, ô roi des rois. Mes hommages, mon nom est Valérius Von Drakul, Comte d'Haradrïm et Conjurateur de profession. Veuillez pardonner mon hardiesse, mais je ne pouvais attendre le temps de la diplomatie pour faire votre rencontre, il m'est d'ailleurs pratique qu'elle ne soit pas su aussitôt, puisque nous en sommes là, je viens quérir une audience privée, et m'incline devant vôtre, éminence. »

Durant ce temps, son regard s'était brièvement autorisé à aller vers la fenêtre et pour achever le tableau de ses paroles, il joignit une inclinaison de la tête quelque peu prolongée du buste, symbolique, avant de se redresser et affronter la réaction du roi.
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